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Rénover une maison : par où commencer et dans quel ordre avancer ?

Rénover une maison ne consiste pas simplement à faire une liste de travaux et à les réaliser dans n’importe quel ordre.

On n’y pense pas forcément au départ, ou alors on avance en fonction du budget, du temps disponible ou des artisans. Pourtant, l’ordre des travaux dans une rénovation de maison est extrêmement important.

Pourquoi ? Tout simplement parce que certaines choses doivent être faites avant d’autres. Un mauvais ordre peut vous obliger à défaire ce que vous venez de terminer, endommager des travaux déjà réalisés ou simplement vous compliquer énormément la vie.

Pensez à la construction d’une maison neuve. On prépare le terrain, on fait les fondations, on monte les murs, on pose la charpente et la toiture pour mettre la maison hors d’eau, puis les ouvertures pour la mettre hors d’air. Ensuite seulement viennent les réseaux et les finitions intérieures et extérieures.

En rénovation, le principe est assez similaire, à une différence importante près : on part d’un bâtiment existant et on doit constamment s’adapter à lui.

Il y a donc un ordre théorique… et il y a la réalité.

C’est justement pour cette raison qu’il faut prendre le temps de réfléchir à sa rénovation, sans se mettre inutilement de pression, et essayer d’aller suffisamment dans le détail de ce que l’on souhaite faire.

Cela peut éviter beaucoup d’erreurs.

1. Avant de commencer une rénovation, faire l’état des lieux de sa maison

La première étape consiste pour moi à faire un véritable état des lieux.

Est-ce que l’électricité est bonne ?

Est-ce que la plomberie peut être conservée ?

Est-ce que le réseau de chauffage doit être changé ?

Est-ce que les murs doivent être rénovés ?

Les sols ?

La toiture ?

L’isolation ?

Il y a bien sûr la partie fonctionnelle, avec l’électricité, la plomberie, le chauffage ou la ventilation. Mais il y a également toute la partie esthétique.

Est-ce que vous voulez refaire vos sols ? Vos murs ? Votre cuisine ? Votre salle de bain ?

Une fois cet état des lieux réalisé, il faut également déterminer ce que vous voulez conserver.

Certaines choses peuvent très bien rester en place et servir de base à la rénovation. D’autres devront être améliorées ou complètement remplacées.

Et surtout, il n’existe pas à mon sens une seule bonne réponse.

Certains vont se contenter d’une rénovation relativement superficielle, refaire les peintures et les sols par exemple, tout en conservant une installation électrique ou une plomberie qui fonctionne encore très bien.

D’autres vont vouloir repartir beaucoup plus largement de zéro.

C’était notre cas.

Pour la plomberie, par exemple, nous voulions savoir que le réseau était complètement neuf. Nous avons donc fait le choix de repartir sur une installation neuve.

Mais c’était notre choix.

Les budgets ne sont pas les mêmes, les maisons ne sont pas dans le même état et les objectifs de chacun sont différents. Il n’y a donc pas un bon et un mauvais plan de rénovation applicable à toutes les maisons.

2. Faire l’inventaire complet des travaux à prévoir

Une fois que vous savez jusqu’où vous voulez aller, faites la liste de tout ce que vous souhaitez réaliser.

Toiture, isolation, fenêtres, électricité, plomberie, chauffage, ventilation, murs, plafonds, cuisine, salle de bain, sols, peinture…

Essayez vraiment de poser l’ensemble sur papier ou dans un fichier.

À ce stade, ne cherchez même pas forcément à définir immédiatement l’ordre parfait des travaux. Faites d’abord l’inventaire.

Parce que c’est seulement une fois que vous aurez cette vision globale que vous pourrez commencer à comprendre les dépendances entre les différents postes.

Certains travaux sont relativement indépendants.

Une intervention sur la toiture peut, selon ce que vous faites, avoir assez peu d’impact sur la rénovation intérieure.

À l’inverse, la plomberie et l’électricité sont directement liées aux murs, aux plafonds et parfois aux sols. Si vos réseaux doivent passer derrière du placo, il faut évidemment les préparer avant de terminer vos murs et de les peindre.

C’est là que la réflexion commence réellement.

3. Anticiper les futurs travaux dès le début de la rénovation

Lorsque vous faites cette liste, essayez également d’imaginer ce que vous pourriez vouloir faire plus tard.

C’est quelque chose qui m’a beaucoup servi dans ma rénovation.

Je savais par exemple que je voulais installer des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité.

Lorsque nous avons rénové l’installation électrique, j’ai donc demandé à l’électricien de prévoir trois gaines de réserve entre les combles perdus et le local technique.

Lorsque j’ai ensuite installé les panneaux photovoltaïques, cela m’a énormément simplifié le travail. Pour relier les panneaux au local technique où se trouve le tableau électrique, je n’avais plus à chercher un passage pour les câbles : les fourreaux étaient déjà là.

Je n’avais plus qu’à tirer les câbles.

C’est un petit détail, mais c’est exactement le genre de chose que l’on peut anticiper lorsque l’on possède déjà une vision globale de sa rénovation.

À l’inverse, il y a également des choses auxquelles je n’ai pas pensé et que je préparerais différemment aujourd’hui.

L’idée n’est évidemment pas de prédire exactement ce que vous ferez de votre maison dans vingt ans. Mais si vous savez déjà que vous envisagez un équipement ou une transformation future, profitez des travaux pour vous faciliter la vie.

4. Déterminer les travaux à faire soi-même et ceux à confier à un professionnel

Votre planning va également dépendre de ce que vous réalisez vous-même et de ce que vous confiez à des professionnels.

Il faut prendre en compte plusieurs choses.

D’abord vos compétences : est-ce que vous vous sentez capable de réaliser ce travail ?

Ensuite la sécurité. Est-ce que vous vous sentez en sécurité en montant sur votre toiture ? Est-ce que vous êtes suffisamment à l’aise avec les contraintes d’une installation électrique ?

Il faut également considérer votre temps, votre budget et tout simplement votre confiance.

Dans mon cas, j’ai réalisé énormément de choses moi-même, mais pas tout.

J’ai par exemple confié la réfection complète de l’installation électrique à un professionnel. J’ai également fait réaliser l’isolation par l’extérieur par une entreprise.

Pour cette dernière, j’avais estimé que la différence entre l’achat de tout le matériel nécessaire et le prix de la réalisation par un professionnel ne justifiait pas, dans mon cas, que je me lance moi-même dans ce chantier.

J’ai payé davantage, bien sûr, mais cela m’a aussi permis de conserver du temps et de l’énergie pour avancer sur d’autres travaux.

À l’inverse, faire soi-même permet évidemment d’économiser une partie importante de la main-d’œuvre.

Dans mon cas, j’estime que le fait d’avoir réalisé une grande partie des travaux moi-même a pu enlever de l’ordre de 30 à 40 % à la note globale.

C’est cependant une estimation personnelle, pas un calcul précis.

Il faudra aussi intégrer les artisans dans votre planning.

Un plombier peut par exemple devoir intervenir une première fois avant la pose du placo pour préparer son réseau, puis revenir après pour terminer les raccordements.

Même chose pour l’électricité : les gaines peuvent être préparées avant la fermeture des murs, puis l’appareillage installé plus tard.

Un poste de travaux n’est donc pas forcément réalisé intégralement en une seule fois.

5. Commencer les travaux par la dépose et la démolition

Une fois le projet préparé, on peut commencer à entrer dans le chantier.

Pour une rénovation importante, la première grande étape sera généralement la dépose et éventuellement la démolition.

On retire ce que l’on ne veut plus conserver : équipements, anciens réseaux, revêtements, cloisons si nécessaire…

Mais j’aurais un conseil : même lorsque vous démolissez, prenez votre temps.

La démolition a un côté plaisant. On a parfois envie de prendre un outil et de tout casser.

Pourtant, travailler proprement à ce moment-là peut vous faire gagner énormément de temps ensuite.

Si vous ne voulez enlever qu’une partie d’une cloison, par exemple, mieux vaut couper proprement le placo à l’endroit exact où doit s’arrêter l’ouverture avant de commencer à démolir.

Sinon, les dégâts peuvent se propager plus loin que prévu et vous devrez ensuite réparer une partie du mur que vous vouliez conserver.

Même chose avec des canalisations : lorsqu’il est possible de les démonter proprement plutôt que de tout arracher, cela limite les dégâts et peut même faciliter une éventuelle réutilisation.

C’est une philosophie que j’ai essayé d’appliquer pendant ma rénovation : prendre un peu plus de temps maintenant pour éviter de perdre beaucoup plus de temps ensuite.

6. Régler les problèmes du bâti avant les travaux de finition

Une fois que la maison est débarrassée de ce que vous voulez enlever, c’est le moment de s’occuper des éventuels problèmes du bâtiment.

Avant de poser une cuisine neuve, il vaut mieux régler une infiltration d’eau.

Avant d’isoler des combles, il peut être intéressant de vérifier l’état de la toiture et de la charpente.

Chez nous, nous avions par exemple de petites infiltrations au niveau de la cheminée, à la jonction entre la cheminée et la toiture. Nous les avons réglées avant d’aller plus loin.

Lorsque nous avons décidé de refaire l’isolation des combles, nous avons également retiré l’ancien isolant.

Puisque tout était vide, nous nous sommes dit que c’était le bon moment pour repartir sur quelque chose de propre.

Nous avons donc passé l’aspirateur dans les combles. Ce sont des combles perdus, avec peu de hauteur, donc ce n’était franchement pas une partie de plaisir.

Mais nous étions contents de retirer toute cette poussière avant de remettre un isolant neuf.

Nous en avons également profité pour traiter la charpente.

Elle était globalement très saine, mais puisque tout était accessible et que l’isolation allait ensuite rendre l’accès beaucoup plus difficile, nous avons décidé d’appliquer un produit de traitement du bois.

L’idée était simplement d’avoir l’esprit tranquille pour la suite.

C’est aussi cela, pour moi, bien préparer une rénovation : profiter du moment où une partie de la maison est accessible pour se demander s’il n’y a pas quelque chose d’intelligent à faire avant de la refermer.

7. Réfléchir à l’enveloppe et à la rénovation énergétique

Une fois les problèmes importants du bâti réglés, il faut réfléchir à l’enveloppe : toiture, isolation, menuiseries, façade…

Là encore, il existe un ordre théorique, mais la pratique peut être différente.

Prenons les fenêtres.

Si vous savez que vous allez remplacer vos menuiseries, il peut être intéressant de le faire avant de refaire parfaitement les finitions des murs intérieurs. La dépose des anciennes fenêtres peut en effet avoir un impact sur les murs autour des ouvertures.

Mais nous n’avons pas fait comme cela.

Nous savions que nos fenêtres en simple vitrage seraient remplacées par du double vitrage, mais le budget nécessaire était important.

Si nous les remplacions immédiatement, nous ne pouvions pas terminer la rénovation intérieure comme nous le souhaitions.

Nous avons donc volontairement reporté leur remplacement.

Nous savions que cela pouvait dégrader certaines finitions que nous venions de réaliser à l’intérieur, mais c’était un risque connu et mesuré.

Finalement, tout s’est très bien passé. Les professionnels qui ont remplacé les menuiseries ont travaillé proprement et les finitions intérieures ont été très peu affectées.

C’est un bon exemple de ce que je veux montrer dans cet article :

il y a l’ordre idéal et il y a l’ordre possible.

Le budget, la configuration de la maison, les priorités énergétiques, le confort recherché et de nombreux autres paramètres vont forcément modifier votre planning.

8. Faire passer les réseaux avant de fermer les murs, plafonds et sols

Lorsque le bâtiment est prêt, on peut s’attaquer aux réseaux.

Électricité, plomberie, chauffage, ventilation, communication…

Et j’ajouterais également toutes les réserves nécessaires pour les futurs projets.

Si vous voulez des prises RJ45, c’est le moment d’y penser.

Si vous prévoyez un futur équipement électrique, pensez aux gaines.

Si un jour vous voulez installer quelque chose qui nécessitera une arrivée d’eau ou un passage technique, demandez-vous s’il n’est pas intéressant de prévoir au moins le passage maintenant.

Même logique pour ce qui doit passer dans les sols.

Je n’ai pas installé de plancher chauffant chez moi, donc je ne vais pas vous expliquer comment le faire. Mais si votre rénovation prévoit un plancher chauffant, il faudra évidemment le prendre en compte avant de poser votre revêtement de sol et réfléchir aux différentes épaisseurs disponibles.

Le principe est simple :

tout ce qui doit passer derrière un mur, dans un plafond ou sous un sol doit être pensé avant de refermer ce mur, ce plafond ou ce sol.

9. Poser les cloisons, doublages et plafonds

Une fois les réseaux préparés, on arrive aux cloisons, aux doublages et aux plafonds.

C’est le moment de poser le placo, de terminer les passages techniques, de faire les bandes à joints, de poncer et de préparer les supports.

Chez nous, cette étape a complètement changé par rapport à ce qui était prévu au départ.

Notre stratégie initiale était simplement de retirer la tapisserie existante.

Tous nos murs étaient tapissés.

Nous avons commencé dans les chambres avec une décolleuse vapeur. Au début, tout allait très bien parce qu’il y avait plusieurs couches de papier peint. La première s’est retirée très facilement.

On s’est dit : génial, ça va aller vite.

Puis nous sommes arrivés à la première couche.

Elle avait été collée directement sur le placo, sans sous-couche entre les deux.

Impossible de l’enlever proprement sans arracher le carton du placo.

Nous voulions repartir sur des murs vraiment propres et lisses. Nous avons donc changé complètement de stratégie et décidé de replaquer pratiquement tous les murs.

C’était un chantier beaucoup plus important que prévu.

Nous ne voulions cependant pas déposer tout l’ancien placo. Il fallait donc trouver comment fixer correctement le nouveau sur l’ancien.

Nous avions trouvé des vis spécifiques censées permettre de fixer du placo sur du placo. Dans notre cas, le résultat ne nous a pas du tout convaincus : la plaque était maintenue, mais nous n’avions pas réellement de serrage.

Nous avons finalement cherché les montants en bois derrière chaque mur, puis marqué leur position au plafond afin de pouvoir visser les nouvelles plaques à travers l’ancien placo directement dans la structure en bois.

C’est encore un exemple d’imprévu qui modifie complètement le travail prévu au départ.

Nous avons également essayé d’améliorer légèrement l’isolation phonique entre certaines pièces en utilisant des épaisseurs de plaques différentes de part et d’autre des cloisons.

C’était une astuce que l’on nous avait donnée. Nous n’avons pas réalisé de mesure acoustique permettant de vérifier le gain, donc je préfère rester prudent sur son efficacité réelle.

10. Préparer la cuisine, la salle de bain et les pièces techniques

Lorsque vous travaillez sur les murs, pensez déjà à la cuisine, aux salles de bain et aux autres pièces techniques.

Où vont arriver les alimentations en eau ?

Les évacuations ?

Les prises électriques ?

Les éclairages ?

La ventilation ?

Où seront fixés les meubles ?

Dans notre cuisine, par exemple, nous avons utilisé une plaque de plâtre particulière qui présentait plusieurs caractéristiques, notamment une meilleure résistance à l’humidité et une plus grande dureté.

Ce dernier point nous intéressait notamment pour les meubles hauts suspendus.

Ce genre de décision doit être prise avant que le mur soit terminé, pas une fois que la cuisine est livrée.

C’est également à ce moment-là qu’il faut penser aux sorties d’eau et aux différents équipements des salles de bain.

Plus vous aurez réfléchi à l’implantation finale de vos pièces en amont, moins vous aurez de mauvaises surprises au moment de les équiper.

11. Peinture ou sol : dans quel ordre faire les finitions ?

Une fois les réseaux terminés, le placo posé, jointé et poncé, on arrive enfin aux finitions.

Et là aussi, il y a un ordre que je conseille lorsque c’est possible.

Si vous savez que vos sols vont être remplacés, faites les peintures avant de poser les nouveaux sols.

C’est tout bête, mais cela simplifie énormément le travail.

Vous n’avez pas besoin de protéger un sol neuf avec des bâches dans toute la maison et les éventuelles traces de peinture sur l’ancien sol disparaîtront lorsqu’il sera remplacé.

Bien sûr, tout n’est pas toujours possible dans cet ordre.

Si, pour une raison de budget, de temps ou d’organisation familiale, vous êtes obligé de poser votre sol avant de peindre, ce n’est pas dramatique.

Mais dans ce cas, prenez réellement le temps de le protéger.

Mettre correctement les bâches et le scotch peut sembler être une perte de temps au début.

En réalité, ce temps sera largement récupéré au moment du nettoyage.

12. Ranger et nettoyer le chantier tous les soirs

C’est une habitude que nous nous étions imposée : à la fin de chaque journée, nous rangions et nettoyions le chantier.

Cela pouvait prendre une demi-heure, parfois trois quarts d’heure.

On rangeait les outils, on vérifiait qu’il ne manquait rien et on passait notamment l’aspirateur pour limiter l’accumulation de poussière.

Cela permet aussi d’éviter de perdre du matériel.

Nous avons quand même réussi à perdre une scie sous la baignoire une fois qu’elle était installée. Nous l’avons cherchée pendant des mois !

Mais surtout, commencer le lendemain matin dans un chantier propre change vraiment la façon dont on attaque sa journée.

On arrive, tout est rangé et on peut directement reprendre le travail.

C’est une habitude toute simple, mais je la conseille vraiment.

13. Aller jusqu’au bout des finitions avant d’emménager

Les murs sont peints.

Les sols sont posés.

La cuisine et la salle de bain prennent forme.

On commence alors à se dire que la maison est terminée.

Mais il reste les finitions.

Plinthes, joints, retouches, petits accessoires…

Et je conseille vraiment de ne pas les négliger.

Si vous devez poser des plinthes, faites-le avant de mettre tous vos meubles contre les murs.

Je sais que ce n’est pas indispensable pour vivre dans la maison. On a envie d’emménager, surtout après plusieurs mois de travaux.

Mais revenir sur ces petits postes une fois que toute la maison est installée devient beaucoup plus compliqué.

Il faut déplacer les meubles, protéger à nouveau, ressortir les outils…

Et tant que ce n’est pas fait, vous gardez quelque part cette petite charge mentale :

« Cette pièce n’est toujours pas terminée. »

Les finitions sont ingrates parce qu’elles prennent du temps alors que visuellement le chantier n’avance presque plus.

Mais elles font partie du chantier.

14. Dans la réalité, l’ordre des travaux va forcément changer

Tout ce que je viens de décrire correspond à un ordre relativement théorique.

Dans la pratique, vous aurez des imprévus.

Une livraison en retard.

Un artisan qui ne peut finalement pas venir.

Un matériau défectueux.

Un problème découvert en démontant.

Un changement d’avis.

Un travail supplémentaire que vous n’aviez absolument pas prévu.

Nous en avons eu à pratiquement tous les postes.

L’un des exemples qui m’a le plus marqué est celui de notre baignoire.

Nous étions presque à la fin de la rénovation intérieure. Cela faisait environ cinq mois que nous travaillions sur la maison.

La baignoire était installée et la faïence murale avait été posée par-dessus son rebord.

Lorsque nous avons retiré les protections, nous avons découvert que la baignoire était fissurée.

Impossible de savoir exactement quand elle avait été endommagée : avant la livraison ou pendant son stockage chez nous.

Mais le résultat était là : notre baignoire neuve était fissurée et elle fuyait.

Psychologiquement, cela a été difficile.

Nous venions de terminer la faïence et il fallait maintenant nous demander comment retirer la baignoire.

Le SAV de Leroy Merlin a accepté de nous la remplacer sans chercher à déterminer précisément à quel moment le dommage avait eu lieu.

Très bonne nouvelle.

Sauf que de notre côté, il fallait maintenant refaire une partie du travail.

Nous avons finalement retiré le minimum de faïence nécessaire, une ou deux rangées, déposé la baignoire et installé la nouvelle.

Et aujourd’hui, nous ne regrettons absolument pas de l’avoir fait.

Nous n’avions pas trouvé de solution de réparation qui nous donnait suffisamment confiance sur le long terme.

C’est exactement le genre d’imprévu qu’aucun planning ne peut réellement prévoir.

15. Accepter de modifier son plan de rénovation

Tous les changements ne viennent pas forcément d’un problème.

Nous pensions initialement simplement faire un ravalement de façade.

Puis, en étudiant le projet, les aides disponibles à l’époque et différents devis, nous nous sommes demandé si nous pouvions profiter de cette dépense pour ajouter une isolation par l’extérieur.

Nous nous sommes fixé une somme maximale supplémentaire que nous étions prêts à consacrer au projet.

En comparant les devis, nous avons trouvé une entreprise qui permettait de rester dans ce budget.

Nous avons donc changé nos plans et réalisé l’ITE.

Évidemment, cet argent supplémentaire n’était alors plus disponible pour un autre poste.

C’était un arbitrage.

Mais nous avons clairement ressenti le bénéfice dès le premier hiver, avec un besoin de chauffage inférieur.

Encore une fois : le planning est là pour vous guider, pas pour vous enfermer.

16. Plus la rénovation est préparée, plus les imprévus sont faciles à gérer

Cela peut sembler paradoxal.

Puisque le chantier va de toute façon changer, à quoi bon passer autant de temps à le préparer ?

Justement parce que plus vous connaissez votre projet, plus vous pourrez prendre une décision intelligente lorsqu’un imprévu arrivera.

Avant de fermer un mur, demandez-vous :

Ai-je prévu toutes mes sorties électriques ?

Est-ce que cette pièce pourrait avoir une autre fonction dans quelques années ?

Est-ce que j’aurai besoin d’une arrivée d’eau ?

Avant de poser un sol :

Est-ce qu’un autre chantier risque de l’endommager ?

Est-ce que je vais encore démolir quelque chose au-dessus ?

Avant d’isoler des combles :

Est-ce que toutes les gaines dont j’aurai besoin sont déjà passées ?

Il ne s’agit pas de tout prévoir.

C’est impossible.

Il s’agit surtout d’éviter les grosses incohérences qui vous obligeront à défaire quelque chose que vous venez de terminer.

17. Planifier aussi son temps et son énergie

Il y a enfin quelque chose que j’avais probablement sous-estimé : dans un planning de rénovation, il ne faut pas uniquement planifier les travaux.

Il faut également planifier son temps et son énergie.

Avec le recul, je ferais certaines choses différemment.

Je prendrais probablement davantage de pauses pour me ressourcer auprès de ma famille, souffler et simplement arrêter de penser à la maison pendant quelque temps.

Parce que lorsqu’on est dans une grosse rénovation, cela occupe énormément les pensées.

C’est une charge mentale importante.

Et si, comme moi, vous continuez à travailler en parallèle, il faut réussir à mobiliser de l’énergie pour votre travail puis recommencer le soir ou le week-end sur votre maison.

Si vous avez des enfants en plus, cela ajoute évidemment encore une autre contrainte.

Donc prévoyez des pauses.

Un week-end de temps en temps sans travaux.

Partez ailleurs si vous le pouvez.

Changez d’air.

Et acceptez toute l’aide que vous pouvez obtenir de votre famille, de vos amis ou de professionnels.

Même un professionnel qui ne réalise pas entièrement un chantier peut parfois vous apporter un conseil très utile.

18. Prévoir une marge dans le planning des travaux

Il y aura des imprévus.

C’est une rénovation.

Vous pensez qu’un travail va prendre quatre jours ? Dans votre planning, ne prévoyez pas nécessairement quatre jours exactement.

Personnellement, je conseillerais de prévoir une marge supplémentaire, par exemple de l’ordre de 30 %, simplement pour ne pas être obligé de travailler constamment dans l’urgence.

L’objectif n’est pas de travailler lentement.

C’est de pouvoir prendre le temps de faire correctement les choses.

Nous avions également la chance de ne pas vivre dans la maison pendant la rénovation. Notre famille nous hébergeait.

Cela nous a permis de travailler sur la maison dans son ensemble plutôt que d’être obligés de terminer une pièce avant de passer à la suivante.

Si vous vivez déjà dans la maison, votre organisation sera forcément différente.

Mais quelle que soit votre situation, gardez en tête une chose : plus vous êtes fatigué, moins vous êtes efficace.

Vouloir aller trop vite peut vous faire commettre une erreur, vous obliger à la réparer et finalement vous faire perdre davantage de temps.

Dans quel ordre rénover une maison ? Les étapes à retenir

Si je devais résumer toute cette réflexion, je procéderais aujourd’hui de cette manière.

1. Faire l’état des lieux de la maison et définir précisément le projet.

Qu’est-ce que je conserve ? Qu’est-ce que je remplace ? Jusqu’où est-ce que je veux aller ?

2. Faire l’inventaire de tous les travaux.

Électricité, plomberie, toiture, isolation, murs, sols, chauffage, ventilation, cuisine, salle de bain, rénovation énergétique, photovoltaïque, récupération d’eau de pluie…

Même les projets qui ne seront peut-être réalisés que plus tard doivent être envisagés lorsqu’ils peuvent avoir un impact sur les travaux actuels.

3. Faire les arbitrages entre DIY et professionnels.

Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que je veux faire ? Qu’est-ce que je préfère confier ? Quel est mon budget ? Combien de temps ai-je réellement ?

4. Construire un planning global de rénovation.

Pas forcément quelque chose de compliqué. Un fichier Excel, un calendrier ou même du papier peuvent suffire.

Mais posez les choses quelque part.

Ne gardez pas tout dans votre tête.

5. Commencer par la dépose et la démolition.

En travaillant proprement et en préservant ce qui doit l’être.

6. Régler les problèmes du bâti.

Toiture, charpente, infiltrations, ouvertures et tout ce qui doit être sain avant d’être recouvert.

7. Réfléchir à l’enveloppe et à la rénovation énergétique.

Isolation, menuiseries, façade… en adaptant évidemment l’ordre à votre budget et à votre situation.

8. Faire passer les réseaux.

Électricité, plomberie, chauffage, ventilation, communication et réserves pour les futurs projets.

9. Poser les cloisons, doublages et plafonds.

Puis terminer les réseaux qui nécessitent la pose des murs.

10. Préparer les supports et réaliser les revêtements.

Bandes à joints, ponçage, peinture, revêtements muraux puis sols lorsque cet ordre est possible.

11. Terminer les sols et toutes leurs finitions.

Plinthes, seuils et autres détails.

12. Installer les équipements.

Cuisine, salle de bain, appareillage et autres équipements de la maison.

Certaines pièces, notamment les salles de bain, auront évidemment leur propre ordre de réalisation à l’intérieur de ce planning général.

C’est donc une trame, pas une règle absolue.

L’objectif n’est pas de respecter un ordre parfait

Vous ne respecterez probablement pas exactement le planning que vous aviez imaginé au départ.

Et ce n’est pas grave.

J’ai fait des erreurs pendant ma rénovation. Vous en ferez probablement aussi.

L’objectif est surtout de préparer suffisamment votre chantier pour éviter les grosses incohérences, celles qui vous obligent à défaire quelque chose que vous venez de terminer.

Prévoyez également une marge.

Il y aura toujours des imprévus.

Ce n’est pas forcément un problème : on trouve généralement une solution.

Mais trouver cette solution prend du temps.

Et plus votre rénovation aura été réfléchie en amont, plus vous aurez de chances de trouver la bonne sans remettre en cause tout le reste du chantier.

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