J’ai rénové ma maison presque de A à Z : ce que je referais… et ce que je ne referais surtout pas
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TogglePeut-on vraiment rénover une maison soi-même quand on n’est pas professionnel du bâtiment ?
Après avoir rénové environ 90 % de notre maison nous-mêmes, ma réponse est clairement oui.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut tout faire seul, ni qu’il suffit de regarder deux tutoriels sur YouTube pour se lancer dans n’importe quel chantier.
Pendant plusieurs mois, nous avons touché à presque tous les corps de métier : plomberie, électricité, placo, peinture, carrelage, chauffage, toiture, aménagement intérieur et extérieur… Nous avons aussi fait intervenir des professionnels lorsque c’était nécessaire.
Dans ce retour d’expérience sur la rénovation de notre maison, je vais revenir sur ce que ces travaux m’ont réellement appris : les choix que je referais aujourd’hui, mais aussi ceux que je modifierais si je devais recommencer.
Cette rénovation m’a permis d’économiser une part importante du budget, mais surtout d’apprendre énormément.
Avec le recul, je referais la grande majorité de nos choix.
Certains, en revanche, je les modifierais.
Et surtout, je ne referais pas l’erreur de vouloir aller aussi vite.
Voici donc ce que cette rénovation m’a appris, ce que je referais sans hésiter et ce que je changerais si je devais recommencer aujourd’hui.
Rénover une maison soi-même : notre projet en quelques mots
Lorsque nous avons acheté cette maison, elle nécessitait une rénovation importante.
Notre objectif était de la remettre complètement à notre goût, mais aussi de profiter des travaux pour améliorer ses performances et ses équipements.
Nous voulions notamment repartir sur :
- des murs propres et blancs
- des sols faciles à entretenir
- une plomberie entièrement reprise
- une ventilation efficace
- une meilleure isolation
- des installations électriques adaptées à nos futurs projets
- une maison plus confortable et plus agréable à vivre
Pendant les cinq premiers mois, nous avons réalisé l’essentiel des travaux intérieurs.
La rénovation ne s’est cependant pas arrêtée là. Certains projets ont été réalisés plus tard, comme l’isolation thermique par l’extérieur, les panneaux photovoltaïques ou encore différents aménagements extérieurs.
Au final, nous estimons avoir réalisé environ 90 % des travaux nous-mêmes.
Et si je devais retenir une seule chose de cette expérience, ce serait celle-ci :
Si quelqu’un quelque part dans le monde est capable de réaliser quelque chose, alors je peux probablement apprendre à le faire moi-même.
Je ne parle évidemment pas de devenir meilleur qu’un professionnel qui exerce son métier depuis vingt ans.
Je parle simplement de ne pas partir du principe que certaines choses sont impossibles uniquement parce que je ne les ai jamais faites.
Cette façon de penser m’a beaucoup aidé pendant toute la rénovation.
Les principaux travaux réalisés dans la maison
Reprendre les murs presque entièrement
Au départ, nous pensions conserver le placo existant.
Le problème est venu de la tapisserie.
Elle avait été directement collée sur les plaques de plâtre, sans sous-couche ni peinture.
Nous avons essayé plusieurs méthodes pour la retirer : produits spécifiques, décolleuse à vapeur…
Rien n’y faisait.
Impossible de retirer proprement la tapisserie sans arracher ou endommager le placo.
Nous avons donc changé de stratégie : plutôt que de passer des heures à essayer de sauver des plaques qui auraient probablement nécessité beaucoup de reprises, nous avons décidé de replaquer l’ensemble des murs.
Cela nous a permis de repartir sur une base parfaitement neuve.
Et puisque nous ajoutions une nouvelle couche de plaques, nous avons essayé d’en profiter pour améliorer un peu l’acoustique de certaines cloisons.
Une petite amélioration acoustique… avec les moyens du bord
Les cloisons existantes étaient creuses et ne comportaient pratiquement pas d’isolation acoustique.
Comme nous ne voulions pas tout démolir pour accéder à leur structure, nous avons utilisé une technique qui m’avait été expliquée par un plaquiste.
L’idée était de mettre des épaisseurs de plaques différentes de chaque côté d’une cloison.
Le principe est assez simple : une plaque de plâtre vibre lorsqu’elle reçoit un son. Si les deux côtés de la cloison n’ont pas exactement les mêmes caractéristiques, la transmission des vibrations peut être réduite.
Je ne prétends pas que cette technique transforme une cloison classique en cloison acoustique professionnelle.
Mais puisque nous devions replaquer les murs dans tous les cas, cela ne coûtait pas grand-chose de tenter d’améliorer la situation.
Des sols simples, cohérents et faciles à entretenir
Pour les pièces de vie, nous avons choisi un carrelage imitation parquet.
Nous avions déjà ce type de carrelage dans notre précédent logement et nous aimions beaucoup son rendu.
Il nous permettait d’obtenir un aspect chaleureux tout en conservant les avantages du carrelage pour l’entretien.
Nous avons volontairement limité le nombre de matériaux :
- un carrelage principal pour les pièces de vie, l’entrée, le couloir et la cuisine
- un autre carrelage pour les deux salles de bains
- un parquet stratifié imitation bois dans les chambres
Ce n’était pas nécessairement la solution la plus haut de gamme.
Mais elle correspondait à nos besoins, à nos goûts et à notre budget.
Isolation, ventilation et énergie : les travaux qui ont fait évoluer la maison
L’isolation énergétique n’a pas constitué la plus grosse partie des cinq premiers mois de rénovation.
Nous avons cependant profité de plusieurs opportunités pour améliorer progressivement les performances de la maison.
Isolation des combles et du garage
Les combles ont été isolés avec de la ouate de cellulose soufflée.
Le plafond du garage a lui aussi été isolé, avec des panneaux de polystyrène de 12 cm.
À l’époque, cela nous semblait pertinent : la maison avait très peu d’isolation et le garage était directement sous une partie habitable.
Avec le recul, ce deuxième choix est beaucoup plus discutable.
Lorsque nous avons réalisé l’isolation thermique par l’extérieur plusieurs années plus tard, le garage s’est lui-même retrouvé beaucoup moins froid.
La différence de température entre le garage et la partie habitable étant devenue beaucoup plus faible, l’isolation du plafond du garage apporte finalement assez peu.
Heureusement, nous avions bénéficié d’une opportunité pour la faire réaliser à moindre coût.
C’est donc davantage une petite optimisation que je changerais qu’une véritable erreur.
Une VMC double flux pour améliorer le confort
La maison ne disposait initialement que d’une ventilation naturelle assez rudimentaire.
Il y avait quelques ouvertures entre les cloisons, notamment au niveau des pièces d’eau, mais aucun véritable système de ventilation mécanique.
Après plusieurs recherches, nous avons choisi d’installer une VMC double flux.
L’objectif était double :
- améliorer la ventilation et donc le confort de la maison
- limiter les pertes énergétiques grâce à la récupération de chaleur sur l’air extrait
J’ai beaucoup étudié le sujet avant de prendre cette décision.
Je reviendrai d’ailleurs dans un article dédié sur nos recherches, les raisons de ce choix et ce que nous en avons pensé.
Une maison plus économe en eau
La récupération de l’eau de pluie
L’une des installations dont nous sommes particulièrement contents est la récupération d’eau de pluie.
Nous avons eu la chance de disposer d’une ancienne cuve à fioul enterrée qui n’était plus utilisée.
Plutôt que de laisser cet espace inutilisé, nous avons pu profiter de l’emplacement pour installer une cuve destinée à récupérer l’eau de pluie.
Cette eau alimente notamment :
- les toilettes
- la buanderie
- la machine à laver
C’est une installation que je recommande lorsque la configuration de la maison le permet, à condition bien sûr de respecter les règles applicables et de prévoir les équipements nécessaires.
Les toilettes représentent une consommation d’eau importante alors qu’elles n’ont pas besoin d’eau potable.
Cette installation nous a donc permis de réduire très fortement notre consommation d’eau potable.
Profiter des travaux pour repartir sur une maison saine
Nettoyer et traiter la toiture
Nous avons vidé les combles de leur ancien isolant et nettoyé autant que possible toute la poussière accumulée.
Ce travail nous a permis d’accéder beaucoup plus facilement à la charpente.
Nous en avons profité pour la traiter avec un produit destiné notamment à lutter contre les insectes, les moisissures et différents parasites.
L’idée était de profiter de la rénovation pour repartir sur une charpente saine et ne plus avoir à nous interroger sur son état.
La toiture a également été nettoyée.
J’ai réalisé moi-même le nettoyage à haute pression, en faisant attention à ne pas travailler de manière trop perpendiculaire aux tuiles.
Ce choix fait débat et je sais que certains professionnels déconseillent cette méthode selon le type de couverture.
L’objectif ici n’est donc pas de présenter cette méthode comme universelle, mais simplement de raconter ce que j’ai fait sur notre maison.
Après le nettoyage, j’ai appliqué plusieurs couches d’un produit destiné à traiter les mousses et à protéger les tuiles.
C’est typiquement le genre de chantier pour lequel il faut se renseigner sur son propre type de toiture avant de se lancer.
Les travaux réalisés plus tard
Tout n’a évidemment pas été terminé pendant les cinq premiers mois.
La rénovation s’est poursuivie progressivement.
Nous avons notamment :
- remplacé les gouttières en plastique par des gouttières métalliques galvanisées
- poncé et repeint les dessous de toiture en bois
- réalisé une isolation thermique par l’extérieur
- installé nous-mêmes des panneaux photovoltaïques
- aménagé différents espaces extérieurs
- réalisé du terrassement avec l’aide d’un professionnel
- installé une cabane et une aire de jeux en bois pour notre fils
- installé une cabane de jardin
- mis en place un robot tondeuse
Et la rénovation énergétique n’est toujours pas complètement terminée.
Parmi les projets à venir figurent notamment l’installation d’une pompe à chaleur et de panneaux solaires thermiques pour participer à la production d’eau chaude.
Cette évolution progressive de la maison montre aussi une chose importante : une rénovation n’est pas forcément un projet que l’on termine en une seule fois.
Les imprévus qui nous ont obligé à changer nos plans
Même avec une préparation importante, impossible de tout anticiper.
Certains problèmes étaient prévisibles.
D’autres, beaucoup moins.
L’amiante : choisir de ne plus avoir à y penser
Nous savions qu’une partie des évacuations de la maison contenait de l’amiante.
Nous avons également découvert des panneaux contenant de l’amiante dans la cuisine et la salle de bain.
Tant que ces matériaux restent en bon état et ne sont pas manipulés, la situation n’est évidemment pas la même que lorsqu’on commence à les percer ou à les démolir.
Mais nous ne voulions pas vivre avec cette contrainte.
Nous ne voulions pas, dans quelques années, nous demander si nous pouvions percer un mur pour installer quelque chose.
Nous avons donc pris la décision de retirer ces éléments.
Nous avons utilisé les protections nécessaires et fait évacuer les déchets dans une filière professionnelle adaptée.
Aujourd’hui, nous n’avons plus d’amiante dans la maison.
Et c’est une décision que je reprendrais exactement de la même manière.
Elle illustre d’ailleurs assez bien notre logique générale pendant cette rénovation :
Si nous pensions que nous allions regretter de ne pas faire quelque chose, et que le fait de le faire nous permettait d’avoir l’esprit tranquille, nous le faisions.
Quand il faut refaire un travail que l’on vient de terminer
La baignoire fissurée
Autre situation particulièrement frustrante : notre baignoire.
Nous l’avions achetée plusieurs mois avant de l’installer et conservée soigneusement dans la maison.
Elle était protégée par son film d’origine et nous avions même ajouté des serviettes pour éviter les chocs.
Une fois la baignoire installée, nous avons réalisé le carrelage autour.
Puis, au moment de retirer la protection, nous avons découvert qu’elle était endommagée.
Impossible de savoir précisément quand cela s’était produit.
Nous avons cherché des solutions de réparation.
Elles existaient, mais aucune ne nous semblait réellement satisfaisante sur le long terme.
Nous sommes donc retournés voir le service après-vente de Leroy Merlin.
Ils ont accepté de reprendre la baignoire et de nous la remplacer.
Le problème ?
Nous avions déjà terminé le carrelage mural.
Il fallait donc casser ce que nous venions de faire pour pouvoir sortir la baignoire.
Après plus de cinq mois de travaux, c’était psychologiquement difficile.
Mais nous avons appliqué la même règle :
Est-ce que nous risquons de regretter de ne pas le faire ?
Oui.
Nous avons donc démonté proprement les premières rangées de carrelage, remplacé la baignoire et refait les finitions.
Aujourd’hui, je ne regrette absolument pas cette décision.
Le placo : quand la solution trouvée sur Internet ne fonctionne pas
Replaquer tous les murs posait une question importante : comment fixer les nouvelles plaques ?
Nous connaissions la nature de la structure derrière le placo existant.
En revanche, nous ne connaissions pas précisément la position des montants en bois.
J’ai donc cherché une solution pour fixer du placo sur du placo.
J’ai trouvé des vis présentées comme adaptées à cette utilisation.
Et ce fut un échec.
Les vis traversaient bien la nouvelle plaque, mais elles ne permettaient pas de serrer correctement l’ensemble.
Il a donc fallu changer de méthode.
Nous avons sondé les murs, réalisé quelques trous de repérage et retrouvé progressivement la structure en bois.
Une fois les montants localisés, nous avons pu fixer les nouvelles plaques directement dans cette structure.
Ce n’était absolument pas la méthode prévue au départ.
Mais elle fonctionnait.
C’est un bon exemple de ce que j’appelle la préparation… et l’adaptation.
Préparer son chantier est indispensable.
Mais croire que tout se passera exactement comme prévu serait une erreur.
Les matériaux : le meilleur choix sur le papier n’est pas toujours le meilleur choix sur le chantier
Nous avions également prévu d’utiliser des plaques Fermacell dans certaines zones particulières :
- salle de bains
- arrière du poêle à granulés
- zones susceptibles de recevoir des charges importantes
Le matériau nous intéressait pour ses différentes propriétés.
Mais lorsque nous avons reçu les plaques, nous avons découvert une difficulté que nous n’avions pas anticipée.
Elles n’avaient pas la même géométrie que les plaques de plâtre classiques.
La jonction avec le reste des plaques allait donc être beaucoup plus compliquée.
Nous avons finalement préféré rapporter les plaques et choisir une solution plus adaptée à notre méthode de construction.
Cela nous a rappelé une chose importante :
Un matériau peut être excellent sans être le bon matériau pour votre chantier.
La compatibilité avec le reste de l’installation et la facilité de mise en œuvre comptent énormément.
Ce que je ne referais pas aujourd’hui
Après plusieurs années de recul, certaines décisions auraient pu être différentes.
Ajouter des raccords pour gagner en confort
Sur le réseau de chauffage, j’avais imaginé une solution permettant de manipuler plus facilement les radiateurs.
L’idée était d’utiliser des flexibles afin de pouvoir les éloigner du mur pour repeindre derrière, par exemple.
Sur le papier, c’était pratique.
Dans la réalité, nous avons très peu utilisé cette possibilité.
Et chaque raccord supplémentaire constitue potentiellement un point de fuite supplémentaire.
J’avais également multiplié certains raccordements autour des passages dans la dalle.
Avec le recul, j’aurais privilégié une installation plus simple :
le moins de raccords possible, tout en conservant une installation facilement maintenable.
C’est une règle qui paraît évidente après coup.
Mais pendant une rénovation, on peut facilement ajouter une solution « au cas où » qui finit par apporter plus de complexité que de bénéfices.
L’ordre des travaux : une règle simple qui peut vous faire économiser beaucoup de temps
L’ordre dans lequel on réalise les travaux est essentiel.
Un exemple tout simple :
si vous savez que vos sols vont être remplacés, repeignez les murs avant.
Il est beaucoup plus facile de refaire les murs avant les sols.
Vous pouvez travailler sans avoir peur de salir ou d’abîmer le sol existant puisqu’il sera de toute façon retiré.
Cela paraît évident.
Mais sur un chantier qui s’étale sur plusieurs mois, avec plusieurs pièces et plusieurs métiers, il est très facile de perdre cette vision d’ensemble.
Il faut donc régulièrement se demander :
- Qu’est-ce qui doit être fait avant quoi ?
- Est-ce que ce travail va empêcher une intervention future ?
- Est-ce que je vais devoir refaire quelque chose si je réalise cette étape maintenant ?
- Qu’est-ce que je peux préparer aujourd’hui pour faciliter un projet futur ?
Anticiper les futurs travaux : prévoyez des réserves
L’un des meilleurs exemples est mon installation électrique.
Entre les combles et le tableau électrique, j’avais prévu plusieurs gaines vides.
À l’époque, je pensais notamment à de futurs panneaux photovoltaïques.
Ces réserves nous ont ensuite permis de relier facilement les panneaux au local technique.
En revanche, je n’avais pas anticipé les panneaux solaires thermiques.
Et aujourd’hui, c’est beaucoup plus compliqué.
Il faudra faire passer une tuyauterie spécifique entre les panneaux et le local technique, alors que les passages disponibles sont déjà bien plus encombrés.
Avec le recul, j’aurais donc prévu davantage de réserves.
Tout ce que vous pouvez anticiper aujourd’hui peut vous éviter de gros travaux demain.
Cela ne veut pas dire qu’il faut prévoir absolument tous les futurs équipements.
Mais lorsque vous avez une idée des évolutions possibles de votre maison, quelques gaines vides supplémentaires peuvent coûter très peu et rendre un futur chantier beaucoup plus simple.
Le plus gros enseignement : le temps de travail est très difficile à estimer
C’est probablement l’une des principales difficultés lorsque l’on rénove soi-même.
Un professionnel connaît son métier.
Un plaquiste sait estimer la durée nécessaire pour plaquer une pièce.
Un plombier connaît le temps nécessaire pour réaliser une installation.
Mais lorsqu’on réalise soi-même une rénovation complète, il faut apprendre plusieurs métiers simultanément.
Et surtout comprendre comment ils s’enchaînent.
C’est là que la vision globale devient essentielle.
Faire de la plomberie m’a appris certaines choses qui m’ont ensuite aidé en électricité.
Faire du placo m’a permis de mieux comprendre quand l’électricité devait être réalisée.
Faire de la peinture m’a obligé à réfléchir à l’ordre des travaux.
Plus on comprend les différents métiers, plus on comprend leurs interactions.
Et plus il devient facile de planifier.
Ne faites pas tout seul : apprenez à déléguer
Pendant la semaine, je travaillais principalement seul.
Mais les week-ends, nous avons régulièrement reçu l’aide de nos familles et de nos amis.
Et cette aide nous a été extrêmement précieuse.
La peinture est par exemple un poste qui peut être facilement partagé.
Une fois les principales règles expliquées, une personne qui n’a jamais peint peut tout à fait réaliser une première couche.
Le carrelage permet également de répartir les tâches : préparation de la colle, encollage, découpe, pose, nettoyage…
Tout le monde n’a pas besoin de maîtriser l’ensemble du métier.
L’objectif est simplement de confier à chaque personne une tâche qu’elle peut réaliser correctement.
Cela permet de gagner du temps.
Mais surtout, cela permet de préserver son énergie.
Et c’est probablement l’un des conseils les plus importants que je donnerais aujourd’hui.
Une rénovation est un marathon, pas un sprint
Nous avions environ 70 m² de carrelage à poser dans les pièces principales.
Et nous voulions que l’entrée, le couloir, la cuisine et le séjour s’enchaînent sans rupture.
Le résultat nous plaît beaucoup.
Mais la pose a été longue.
Très longue.
La peinture aussi allait demander beaucoup de temps.
Nous avons donc organisé plusieurs week-ends avec notre entourage et acheté suffisamment de matériel pour que plusieurs personnes puissent travailler simultanément.
Cela nous a permis d’avancer beaucoup plus vite.
Mais il y a une autre leçon derrière cela :
il ne faut pas confondre vitesse et progression.
À force de vouloir avancer rapidement, on peut s’épuiser.
Et lorsqu’on est épuisé, on finit par devoir s’arrêter complètement.
Quelques jours de repos peuvent donc parfois faire gagner plusieurs semaines sur l’ensemble du chantier.
Comme le dit l’expression :
Aller doucement permet parfois d’aller vite.
Mon principal regret : avoir voulu emménager trop rapidement
Si je devais vraiment changer une chose dans cette rénovation, ce serait le calendrier.
Nous avons voulu terminer l’essentiel des travaux et emménager après environ cinq mois.
Nous y sommes arrivés.
Mais le prix à payer a été important en termes d’énergie.
Il m’a fallu plusieurs mois pour récupérer réellement de cette période.
Je n’ai évidemment pas arrêté de travailler pour autant.
Mais avec le recul, je pense que nous aurions dû nous laisser davantage de marge avant l’emménagement.
Quelques semaines ou quelques mois supplémentaires auraient probablement été un bien meilleur investissement que de vouloir absolument tenir ce calendrier.
Si vous vous lancez dans une rénovation importante, pensez donc à prévoir non seulement le temps nécessaire pour faire les travaux, mais aussi le temps nécessaire pour récupérer.
Ce que cette rénovation m’a réellement appris
Au-delà des travaux eux-mêmes, cette rénovation m’a apporté énormément de compétences.
J’ai appris à :
- travailler le bois
- faire de la plomberie
- comprendre l’électricité
- poser du placo
- faire des bandes
- peindre
- poser du carrelage
- comprendre un réseau de chauffage
- gérer un budget
- organiser un chantier
- travailler avec des artisans
- anticiper des problèmes
- rechercher des solutions
- gérer les imprévus
Mais surtout, j’ai appris à comprendre les interactions entre tous ces domaines.
C’est une compétence extrêmement intéressante.
Lorsqu’on regarde chaque métier séparément, on peut avoir l’impression qu’il faut être spécialiste de tout.
En réalité, il faut surtout comprendre suffisamment chaque domaine pour savoir comment ils s’articulent entre eux.
Rénover soi-même permet aussi de mieux préparer les projets suivants
Notre rénovation du sous-sol en est un bon exemple.
Les murs étaient en béton, très abîmés par le temps et par les travaux précédents.
Au départ, nous pensions les reprendre à l’enduit.
Mais notre expérience avec le placo nous a fait envisager une autre solution.
Nous avons finalement collé directement des plaques de plâtre sur les murs.
Cela nous a permis d’obtenir beaucoup plus facilement une surface propre et régulière, pour un coût relativement faible.
Nous avons gagné du temps sur les finitions et obtenu un résultat qui nous convenait davantage.
C’est aussi ça, l’intérêt de faire soi-même :
chaque chantier devient une expérience qui facilite le suivant.
Combien peut-on économiser en rénovant sa maison soi-même ?
Je pense que nous avons économisé au moins 40 % sur le coût de la rénovation.
Il est impossible de donner un chiffre parfaitement précis puisque nous n’avons évidemment pas demandé de devis pour chaque poste que nous avons réalisé nous-mêmes.
Mais l’économie a été considérable.
Et elle n’est pas le seul avantage.
Vous allez apprendre énormément
Aujourd’hui, les ressources disponibles sont nombreuses :
- YouTube
- sites spécialisés
- forums
- livres
- tutoriels
- réseaux sociaux
- formations
- retours d’expérience
Il est donc beaucoup plus facile qu’avant d’apprendre.
Cela ne signifie pas qu’il faut suivre aveuglément le premier tutoriel trouvé.
Il faut comparer les sources, comprendre les principes et surtout vérifier les règles applicables à votre situation.
Mais avec suffisamment de préparation, beaucoup de travaux deviennent accessibles à un particulier motivé.
Rénover soi-même développe des compétences bien au-delà du bricolage
On pense souvent que le principal bénéfice est de savoir poser du carrelage ou monter une cloison.
Mais la rénovation nous a aussi appris à :
gérer un budget, établir des priorités, organiser un planning, gérer des prestataires, résoudre des problèmes et prendre des décisions.
Ces compétences sont largement réutilisables dans d’autres domaines.
Et puis il reste quelque chose de difficile à chiffrer : la satisfaction.
Nous avons réalisé environ 90 % des travaux nous-mêmes.
Cette maison nous ressemble.
Nous avons réfléchi à chaque choix, participé à chaque étape et construit progressivement un logement qui correspond réellement à nos besoins.
La fierté d’avoir réalisé soi-même une partie importante de son logement est difficile à expliquer tant qu’on ne l’a pas vécue.
Mais faut-il vraiment tout faire soi-même ?
Non.
Et c’est probablement l’un des messages les plus importants de cet article.
Rénover soi-même ne signifie pas refuser l’aide des professionnels.
Il faut au contraire savoir reconnaître ses limites.
L’électricité peut faire peur, et c’est normal : il existe des règles, des normes et des risques réels.
La plomberie peut également provoquer des dégâts importants en cas d’erreur.
Certains travaux nécessitent des compétences, du matériel ou des assurances que vous n’avez pas.
Dans ces situations, faites appel à un professionnel.
Demandez conseil.
Faites contrôler votre travail lorsque c’est pertinent.
Et si vous ne vous sentez vraiment pas capable de réaliser quelque chose correctement, ne le faites pas simplement pour économiser de l’argent.
L’objectif n’est pas de pouvoir dire :
« J’ai tout fait moi-même. »
L’objectif est plutôt de pouvoir dire :
« J’ai fait moi-même tout ce que j’étais capable de faire correctement. »
Alors, est-ce que je referais cette rénovation ?
Oui.
Sans hésiter.
Je referais probablement 90 % de nos choix.
Je simplifierais certains réseaux.
J’éviterais quelques raccords inutiles.
Je réfléchirais davantage aux futures évolutions de la maison.
Je prévoirais davantage de réserves.
Je surveillerais encore plus attentivement certains artisans.
Et surtout, je prévoirais davantage de temps.
Mais je referais cette rénovation.
Parce qu’elle nous a permis de réduire considérablement notre budget.
Parce qu’elle m’a permis d’apprendre énormément.
Parce qu’elle nous a donné une maison qui nous ressemble.
Et surtout parce qu’elle m’a conforté dans une conviction :
Si quelqu’un est capable de faire quelque chose, alors je peux apprendre à le faire moi-même.
Cela ne signifie pas que je sais déjà le faire.
Cela signifie simplement que je peux apprendre.
Et c’est probablement la meilleure manière d’aborder une rénovation lorsqu’on n’est pas professionnel du bâtiment.
Ne cherchez pas à tout savoir avant de commencer.
Apprenez.
Préparez.
Anticipez.
Demandez de l’aide lorsque c’est nécessaire.
Et avancez étape par étape.
Vous serez probablement surpris de tout ce que vous êtes capable de réaliser vous-même.
