Les erreurs de ma rénovation qui m’ont coûté du temps, de l’argent ou de l’énergie
Les erreurs commises pendant la rénovation d’une maison peuvent coûter du temps, de l’argent et beaucoup d’énergie. Quand on se lance dans une rénovation de cette ampleur, il y a tellement de choses à prévoir qu’il y aura forcément des erreurs.
Certaines peuvent être anticipées. D’autres viennent d’un manque de connaissances, d’une décision prise trop rapidement ou d’une instruction que l’on pense pouvoir contourner. Et puis il y a tout simplement les choses que l’on ne pouvait pas prévoir.
Avant de commencer notre rénovation, j’avais pourtant passé énormément de temps à me renseigner. Forums, sites spécialisés, tutoriels YouTube, documentation… J’essayais d’accumuler un maximum d’informations pour préparer chaque poste dans le détail : pose du placo, plomberie, chauffage, électricité, sols…
Nous avons donc commencé les travaux avec le sentiment d’avoir correctement préparé notre chantier, tout en sachant que notre manque d’expérience finirait forcément par nous rattraper sur certains points.
Et ça n’a pas manqué.
Avec le recul, aucune de ces erreurs n’a été dramatique. Nous n’avons jamais mis en péril notre maison ou notre projet. Mais certaines erreurs pendant la rénovation de notre maison nous ont fait perdre beaucoup de temps, d’autres de l’argent, et quelques-unes nous ont surtout demandé une énergie dont nous n’avions déjà plus beaucoup en réserve.
Voici celles qui m’ont le plus marqué.
1. Vouloir absolument tenir un délai que nous nous étions imposé
Ce n’est pas vraiment une erreur en soi, mais probablement le premier point sur lequel je serais plus vigilant aujourd’hui.
Nous sommes devenus propriétaires de la maison début août et nous voulions y emménager avant Noël.
Nous avions donc un peu moins de cinq mois pour réaliser le gros de la rénovation.
La maison était habitable lorsque nous l’avons achetée : l’électricité, la plomberie et le chauffage fonctionnaient. Mais notre projet consistait justement à reprendre énormément de choses pour repartir sur une maison presque neuve.
Une fois les installations déposées, il fallait donc que tout soit de nouveau fonctionnel avant notre emménagement.
Notre objectif était d’arriver dans une maison propre, sans poussière liée aux gros travaux, avec les sols, les murs, les plafonds, l’électricité et la plomberie terminés. Quelques finitions pouvaient rester, mais nous ne voulions plus avoir de chantier lourd après notre installation.
Le problème, c’est que cette date de Noël, nous nous l’étions imposée nous-mêmes.
Nous avions la possibilité d’être hébergés par notre famille. Il n’y avait pas de contrainte particulière qui nous obligeait réellement à emménager à cette date.
Pourtant, une fois cet objectif fixé, tout devait rentrer dans ces cinq mois.
Et comme je travaillais à temps plein en parallèle, cela signifiait travailler sur la maison les soirs, les week-ends et pendant les jours de congé.
Nous avons finalement réussi.
Lorsque nous avons emménagé avant Noël, les plafonds et les sols étaient terminés, l’électricité et la plomberie étaient fonctionnelles, la cuisine était presque entièrement installée — il ne manquait essentiellement que le plan de travail qui devait être livré plus tard — et une salle de bain sur les deux était utilisable.
Mais avec le recul, deux mois supplémentaires auraient probablement changé beaucoup de choses.
Pas nécessairement dans le résultat final, mais dans la manière d’y arriver.
Après ces cinq mois, j’ai réellement senti que j’avais besoin de récupérer. Pendant environ six mois, j’ai beaucoup ralenti les travaux, fait moins de sport et consacré moins d’énergie aux loisirs.
Je ne regrette pas cette période. La motivation de construire notre maison à notre goût nous faisait avancer.
Mais si je devais recommencer, je considérerais beaucoup plus une rénovation comme un marathon que comme un sprint.
2. Ne pas suivre les instructions du ragréage : notre erreur la plus évidente
S’il y a une erreur dont nous sommes entièrement responsables et dont la leçon est très simple, c’est probablement celle-ci :
nous n’avons pas suivi les instructions du fabricant.
Nous voulions poser le même carrelage en continu dans la cuisine, le salon, l’entrée et le couloir, sans baguette de séparation entre les pièces.
Mais le sol de la cuisine présentait des différences de niveau importantes. Nous avons donc décidé de réaliser un ragréage.
Le support était constitué d’un ancien petit carrelage type mosaïque, avec beaucoup de joints. La surface nous paraissait suffisamment rugueuse pour que le ragréage puisse adhérer correctement.
Les instructions demandaient pourtant d’appliquer auparavant un primaire d’accroche.
Nous avons décidé de nous en passer.
Pourquoi ?
Pour gagner du temps.
Nous voulions réaliser le ragréage le dimanche afin de pouvoir poursuivre rapidement avec le carrelage. Appliquer le primaire aurait repoussé cette étape.
Nous nous sommes dit que cela devrait fonctionner malgré tout.
Mauvaise idée.
Au fur et à mesure du séchage, des microfissures ont commencé à apparaître. Puis nous nous sommes rendu compte que certaines zones sonnaient creux : le ragréage se décollait du support.
Nous avons alors appelé un carreleur de notre entourage. Après lui avoir expliqué comment nous avions procédé, il a immédiatement relevé l’absence de primaire d’accroche.
Sa conclusion était simple : il fallait recommencer.
Nous avons donc cassé et retiré tout ce qui se décollait, gratté le support, appliqué cette fois le primaire d’accroche puis réalisé un nouveau ragréage.
Et cette fois, nous n’avons pas rencontré le même problème.
Cette erreur nous a fait perdre du temps, bouleversé notre planning et surtout obligé à acheter une nouvelle fois une quantité importante de ragréage.
Tout cela pour avoir voulu gagner une journée.
C’est probablement l’un des meilleurs exemples de cette rénovation : vouloir gagner quelques heures peut parfois vous en faire perdre beaucoup plus.
3. Le jour où nous avons découvert que notre baignoire neuve était fissurée
Cette fois, je ne sais toujours pas vraiment si je peux parler d’une erreur.
La baignoire avait été livrée plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant son installation. Nous l’avions stockée avec son film de protection et ajouté de vieilles serviettes pour éviter les chocs.
Au moment de la pose, rien ne nous avait alertés.
Nous avons donc installé la baignoire puis réalisé les finitions, notamment la faïence.
C’est seulement lorsque nous avons retiré le film de protection que nous avons découvert une fissure.
Était-elle déjà présente à la livraison ? Est-elle apparue pendant le stockage ou les travaux ? Je ne le sais pas.
Toujours est-il qu’une fois la salle de bain presque terminée, nous avions une baignoire neuve fissurée.
Leroy Merlin a accepté de la remplacer, mais il a fallu déposer les premières rangées de faïence pour pouvoir sortir l’ancienne baignoire et installer la nouvelle.
Beaucoup de travail pour revenir finalement au point où nous pensions déjà être arrivés.
Avec le recul, je ne sais pas vraiment comment nous aurions pu éviter cette situation, à part en contrôlant beaucoup plus minutieusement la baignoire avant son installation.
C’est aussi cela, une rénovation : tout ce qui vous fait perdre du temps n’est pas forcément la conséquence d’une mauvaise décision.
4. Les vis pour fixer du placo sur du placo qui n’ont pas fonctionné comme prévu
Nous avions décidé de conserver une grande partie des plaques de plâtre existantes et de poser de nouvelles plaques par-dessus.
J’avais trouvé des vis spécifiques censées permettre de fixer du placo directement sur du placo.
Sur le papier, la solution semblait adaptée.
Dans notre cas, elle ne l’a pas été.
Les vis ne serraient pas suffisamment la nouvelle plaque contre l’ancienne et nous n’obtenions pas la rigidité que nous recherchions.
Nous avons donc dû changer de méthode.
Il a fallu repérer la structure en bois derrière les anciennes plaques sur l’ensemble des murs concernés, puis utiliser ces montants pour fixer les nouvelles plaques à travers l’ancien placo.
Financièrement, l’erreur est restée limitée au coût des vis devenues inutiles.
En revanche, nous avons perdu du temps à sonder tous les murs avant de pouvoir réellement avancer.
Aurais-je pu l’éviter ?
Peut-être avec davantage d’expérience. Je n’avais encore jamais posé de placo et les informations que j’avais trouvées me laissaient penser que ces vis fonctionneraient.
C’était aussi une utilisation assez particulière.
Aujourd’hui, avec l’expérience acquise, j’aborderais forcément cette étape différemment.
5. Les plaques Fermacell que nous avons finalement remplacées
Nous avions également commandé des plaques Fermacell pour une partie de nos travaux, notamment dans une zone où nous pensions qu’elles seraient intéressantes.
Techniquement, rien n’empêche d’utiliser du Fermacell et du placo dans une même rénovation.
Notre problème était plus spécifique : dans la configuration que nous avions prévue, les deux systèmes devaient se retrouver sur un même mur.
Or ils ne sont pas vraiment conçus pour être assemblés comme s’il s’agissait exactement du même produit. Les plaques, leurs bords et la manière de traiter les jonctions ne correspondaient pas à ce que nous avions prévu pour le reste du mur.
Nous nous en sommes rendu compte après la commande.
Plutôt que de compliquer inutilement la réalisation des joints et les finitions, nous avons finalement décidé d’échanger ces plaques contre du placo classique afin de conserver un système cohérent sur le mur concerné.
Ce n’était pas une grosse erreur, mais plutôt un mauvais choix de produit par rapport à la manière dont nous comptions l’intégrer au reste de notre installation.
Aujourd’hui, je vérifierais beaucoup plus précisément la compatibilité pratique entre deux systèmes avant de commander les matériaux.
6. Faire confiance à une astuce plutôt qu’aux instructions pour les joints de carrelage
Nous avons commis une deuxième erreur assez similaire à celle du ragréage : suivre un conseil plutôt que les indications présentes sur le produit.
Après avoir posé une partie de notre carrelage, nous devions réaliser les joints.
Pour le salon, nous avons suivi une astuce qui consistait à laisser sécher davantage le joint avant de commencer le nettoyage.
Le fabricant indiquait pourtant de ne pas attendre plus d’une quinzaine de minutes.
Nous avons attendu beaucoup plus longtemps.
Le joint avait alors tellement durci qu’il était devenu très difficile d’enlever le surplus présent sur les carreaux et de reprendre correctement les joints.
Nous avons dû gratter, frotter et reprendre pratiquement chaque joint un par un.
Nous y avons passé quasiment une nuit.
Deuxième leçon similaire au ragréage : avant d’appliquer une astuce trouvée sur Internet ou conseillée par quelqu’un de son entourage, il vaut mieux commencer par lire et respecter les instructions du produit que l’on utilise.
Un conseil peut très bien fonctionner dans une situation et beaucoup moins bien dans une autre.
7. Ce que nous avions bien anticipé… et ce que nous avions complètement oublié
Toutes nos anticipations n’étaient heureusement pas mauvaises.
Nous savions par exemple que nous installerions plus tard des panneaux photovoltaïques.
Pendant la rénovation de l’électricité, nous avons donc demandé à l’électricien de prévoir trois gaines de réserve entre les combles perdus et le local technique où se trouve le tableau électrique.
Lorsque j’ai ensuite travaillé sur l’installation photovoltaïque, ces réserves se sont révélées très utiles.
En revanche, notre projet énergétique a continué à évoluer.
Aujourd’hui, j’envisage une solution solaire permettant également de participer à la production d’eau chaude. Et là, je me retrouve confronté à quelque chose que je n’avais absolument pas anticipé : le passage des tuyaux entre la toiture et le local technique.
Je devrai probablement intervenir dans les combles où se trouve l’isolant soufflé et trouver un chemin à travers des parties désormais fermées.
Cela pourra nécessiter de rouvrir certains endroits que nous avions terminés.
Est-ce réellement une erreur ?
Oui et non.
À l’époque, je n’avais pas ce projet. Nous avions déjà énormément de choses à anticiper et notre réflexion sur la rénovation énergétique a continué à évoluer au fil des années.
On ne peut pas tout prévoir.
Mais cette expérience m’a appris une chose : lorsqu’une zone devient difficilement accessible après les travaux, prévoir quelques réserves supplémentaires peut rendre de grands services plus tard.
C’est ce que j’ai fait lorsque j’ai ensuite électrifié notre portail.
Puisque je devais creuser à la main une tranchée de plus de vingt mètres entre la maison et le portail, j’en ai profité pour installer une gaine supplémentaire de réserve. Elle pourra éventuellement servir un jour à amener une autre alimentation ou un réseau vers le bas du terrain.
Quitte à faire le travail difficile une fois, autant essayer de penser à demain.
8. Des raccords de plomberie que je supprimerais aujourd’hui
Lorsque j’ai conçu notre réseau de plomberie, j’ai voulu le rendre aussi réparable que possible.
J’avais notamment prévu des raccords avant certains passages de dalle. Mon raisonnement était simple : si un problème apparaissait un jour dans la partie qui traverse la dalle et remonte vers la maison, je pourrais démonter le raccord et remplacer cette section.
Avec le recul, je considère que c’était inutile.
S’il fallait remplacer cette partie, il serait possible de couper le tuyau depuis le sous-sol et de refaire la section concernée.
Ces raccords supplémentaires n’apportent donc pas, selon moi, le bénéfice que j’imaginais.
En revanche, ils ont coûté de l’argent et ajouté des points de fuite potentiels supplémentaires à l’installation.
Et malheureusement, j’avais appliqué ce principe à toutes nos arrivées d’eau chaude et froide ainsi qu’aux circuits concernés des radiateurs.
C’est typiquement une décision que j’avais prise en pensant améliorer mon installation et que je simplifierais aujourd’hui.
9. Pour la sous-couche du parquet, j’aurais peut-être privilégié l’acoustique
Dans les quatre chambres, nous avons posé un parquet flottant imitation bois. Comme recommandé pour ce type de pose, nous avons également installé une fine sous-couche en mousse sous le parquet.
Au moment de la choisir, plusieurs caractéristiques entraient en jeu. Certaines sous-couches mettent davantage l’accent sur les performances thermiques, d’autres sur l’acoustique, avec notamment des différences selon le type de bruit que l’on cherche à atténuer.
Dans notre cas, les chambres se trouvent principalement au-dessus du vide sanitaire. Comme celui-ci n’était pas isolé au niveau de son plafond, nous avons décidé de privilégier les performances thermiques de la sous-couche plutôt que ses performances acoustiques.
Sur le papier, le raisonnement nous paraissait logique.
Avec quelques années de recul, je ferais peut-être un choix différent.
Nous n’avons pas réellement ressenti de différence en matière d’isolation thermique. Le vide sanitaire ne devient finalement pas extrêmement froid en hiver, et je ne suis pas capable de dire quelle contribution réelle cette sous-couche apporte au confort des chambres.
En revanche, nous avons découvert un autre phénomène à l’usage : les bruits produits directement sur le parquet résonnent beaucoup.
Nous avons un chien et c’est particulièrement perceptible lorsqu’il marche dans les chambres. Le bruit de ses pattes et de ses petites griffes sur le parquet flottant résonne énormément.
Est-ce que le choix d’une sous-couche davantage orientée vers la réduction de ce type de bruit aurait réellement changé la situation ? Je ne peux pas l’affirmer.
Mais si je devais refaire ce choix aujourd’hui, c’est un critère que j’étudierais beaucoup plus attentivement. Plutôt que de privilégier presque automatiquement la performance thermique parce que les chambres se trouvent au-dessus du vide sanitaire, je comparerais davantage les performances acoustiques des différentes sous-couches et, surtout, le type de bruit qu’elles sont censées atténuer.
Ce n’est donc pas une grosse erreur de rénovation. Le parquet remplit parfaitement son rôle et notre choix initial avait une logique.
C’est plutôt un choix que l’usage réel de la maison m’amènerait aujourd’hui à reconsidérer.
10. Prévoir trop de matériel peut aussi coûter de l’argent
Dans l’ensemble, nous avons essayé de prévoir un peu plus de matériaux que nécessaire.
Pour le carrelage, par exemple, je préfère avoir quelques carreaux supplémentaires plutôt que de me retrouver bloqué à cause d’une mauvaise coupe ou d’un carreau cassé.
Lorsque l’enseigne permet de retourner facilement les produits non utilisés, cette marge est assez confortable.
En plomberie, en revanche, j’ai parfois été trop large.
J’avais dessiné précisément mon réseau et calculé les raccords nécessaires, tout en ajoutant une marge de sécurité.
J’en ai finalement prévu trop, et le fournisseur concerné ne proposait pas les mêmes possibilités de reprise du surplus.
Il me reste donc encore aujourd’hui certains paquets de raccords que je n’utiliserai probablement jamais.
Ce n’est pas une grosse erreur financière, mais c’est une autre leçon : prévoir une marge, oui ; surdimensionner systématiquement les quantités, non.
11. La fatigue ne vient pas seulement des gros travaux
Quand on pense à une rénovation, on imagine facilement que la démolition, le carrelage ou la plomberie vont être fatigants.
Ce que j’avais peut-être moins mesuré, c’est l’accumulation.
Prenons notre carrelage.
Nous avons posé environ 70 m² de carrelage en continu entre plusieurs pièces. Ce n’était pas une grande surface rectangulaire simple : cuisine, salon, entrée et couloir s’enchaînaient.
Physiquement, poser du carrelage est déjà éprouvant. On travaille beaucoup au sol et à genoux.
Mais lorsque tous les carreaux sont enfin posés, ce n’est pas terminé.
Il faut faire les joints.
Puis nettoyer.
Puis poser les plinthes.
Puis refaire les joints des plinthes.
Puis réaliser les finitions entre les plinthes et les murs.
C’est cette succession qui devient difficile mentalement. On regarde le sol terminé et on a envie de se dire : « C’est bon, le carrelage est fini. »
En réalité, il reste encore plusieurs étapes.
La plomberie m’a donné une sensation similaire.
J’ai réalisé toute la plomberie moi-même, alors que je découvrais complètement ce domaine. Tirer les tuyaux n’était pas forcément le plus difficile. Mais il fallait ensuite réaliser tous les raccordements, fixer proprement le réseau, tester l’installation et corriger les problèmes rencontrés.
Quand on a déjà passé énormément d’heures sur une installation et qu’on découvre encore quelque chose à reprendre, il faut retrouver l’énergie pour continuer.
Avec le recul, je pense qu’il peut être intéressant d’alterner les tâches. Après plusieurs journées de carrelage, passer sur un autre poste peut permettre de casser cette fatigue physique et mentale.
12. Travailler jusqu’à deux ou trois heures du matin n’était probablement pas nécessaire
La plomberie, je la réalisais principalement en semaine.
Les week-ends étaient souvent consacrés aux travaux pour lesquels nous pouvions avancer à plusieurs. Le soir, après le travail, je revenais donc sur la plomberie.
Et je me fixais des objectifs.
« Ce soir, je termine cette pièce. »
Le problème, c’est que si vous commencez à 21 heures et que l’objectif représente encore six heures de travail, vous pouvez facilement finir à deux ou trois heures du matin.
Je l’ai fait plusieurs fois.
Sur le moment, terminer une pièce permet de se libérer mentalement. On a atteint son objectif.
Mais le lendemain, il faut quand même retourner travailler. Puis recommencer le soir. Et ensuite enchaîner avec un nouveau week-end de chantier.
Aujourd’hui, je pense que j’aurais davantage accepté de m’arrêter après deux ou trois heures et de terminer le lendemain.
Je n’ai pas de formule magique sur ce point. Chacun fonctionne différemment.
Mais une rénovation complète se joue sur la durée. Épuiser toute son énergie pour atteindre un objectif à très court terme n’est pas forcément le meilleur calcul.
13. Demander de l’aide nous a fait gagner du temps… mais aussi de l’énergie
S’il y a une chose que je ne considère absolument pas comme une erreur, c’est d’avoir demandé de l’aide.
Pendant plusieurs mois, vous êtes présent sur votre chantier tous les soirs et tous les week-ends. Vos proches, eux, peuvent intervenir ponctuellement avec davantage d’énergie.
Nous l’avons particulièrement constaté avec la peinture.
Notre maison fait environ 120 m² habitables et nous devions tout repeindre : plafonds, quatre chambres, séjour, cuisine, salles de bain, couloirs…
Le volume était important.
Nous savions peindre et nous aurions pu le faire seuls. Mais nous avons demandé à notre famille et à nos amis de nous aider et acheté suffisamment de matériel pour que plusieurs personnes puissent travailler simultanément dans différentes pièces.
Résultat : nous avons réalisé l’essentiel de la peinture en un week-end, avec une première couche le premier jour et une deuxième le lendemain, plafonds compris.
Au-delà du temps gagné, l’ambiance du chantier était complètement différente.
Nous avons mangé ensemble le midi, les enfants étaient présents, plusieurs personnes travaillaient en même temps dans la maison.
Une tâche longue et répétitive est devenue un moment beaucoup plus agréable.
Tout n’est évidemment pas délégable. Je n’aurais pas demandé à quelqu’un qui ne se sent pas à l’aise avec la plomberie de réaliser mes raccords.
Mais certaines tâches peuvent être partagées même avec quelqu’un qui bricole peu.
Sur le carrelage, par exemple, préparer les carreaux pour celui qui les pose permet déjà de gagner du temps.
Je ne pense pas que j’aurais forcément demandé davantage d’aide : nous en avons déjà beaucoup reçu et nos proches avaient eux aussi leurs contraintes.
Mais je referais sans hésiter le choix de ne pas vouloir tout faire seul.
14. L’isolation acoustique : un compromis que je ferais peut-être différemment
Toutes les décisions que je changerais aujourd’hui ne sont pas nécessairement des erreurs.
L’isolation acoustique de nos cloisons en est un bon exemple.
Nous avons conservé les cloisons intérieures existantes. Elles sont creuses et nous n’avons pas ajouté d’isolant à l’intérieur.
Les anciennes portes et leur structure ont également été conservées. Dans notre configuration, certaines parties au-dessus des portes offrent elles aussi très peu d’isolation acoustique.
Nous avions essayé d’améliorer légèrement la situation lors de la pose du nouveau placo, mais le résultat reste forcément limité.
Avec le recul, davantage d’isolation phonique entre certaines chambres aurait apporté un meilleur confort.
Pour autant, je ne considère pas que notre décision de l’époque était mauvaise.
Reprendre complètement ces cloisons aurait demandé davantage de temps et d’argent et ne rentrait pas dans notre planning.
Nous avions fait un choix en connaissance de cause.
Aujourd’hui, avec davantage de temps, je réfléchirais probablement différemment.
15. Les flexibles de radiateurs : une bonne idée sur le papier, beaucoup moins utile dans la réalité
J’avais également décidé d’installer des flexibles entre les arrivées et retours d’eau et chacun de nos radiateurs.
L’objectif était de pouvoir déplacer facilement un radiateur sans avoir à le débrancher et à vidanger la partie concernée.
Dans la pratique, cette possibilité nous a réellement servi une fois : pour déplacer un radiateur afin de peindre derrière.
Cela fonctionne donc.
Mais était-ce nécessaire sur tous les radiateurs ?
Avec le recul, probablement pas.
Ces flexibles ajoutent des éléments supplémentaires à l’installation et je m’interroge également sur leur vieillissement à long terme par rapport au reste de mon réseau en multicouche.
Ce n’est pas une catastrophe, loin de là.
C’est simplement une solution que j’avais imaginée très pratique et dont l’intérêt réel s’est révélé assez limité après plusieurs années d’utilisation.
16. J’aurais choisi une VMC double flux plus facilement programmable
Je ne regrette absolument pas notre VMC double flux.
Au contraire, j’apprécie beaucoup le confort qu’elle apporte, notamment en matière de ventilation et de qualité de l’air.
Mon petit regret concerne plutôt la version que nous avons choisie.
À l’époque, la domotique ne faisait pas réellement partie de mes préoccupations. Nous avons donc choisi une solution avec des commandes assez simples.
Aujourd’hui, j’aimerais pouvoir programmer plus finement son fonctionnement.
En été, par exemple, nous utilisons le bypass de l’échangeur lorsque l’air extérieur devient suffisamment frais. Le problème est qu’au moment où nous allons nous coucher, l’air extérieur peut encore être trop chaud, notamment pendant les périodes de forte chaleur.
Une programmation permettrait, dans mon usage idéal, de déclencher certains fonctionnements plus tard dans la nuit lorsque les conditions extérieures deviennent intéressantes.
Notre VMC fonctionne très bien et je ne vais évidemment pas la remplacer pour cela alors qu’elle n’a que quelques années.
Mais si je devais refaire mon choix aujourd’hui, la possibilité de piloter et programmer davantage l’installation ferait partie de mes critères.
17. Même réflexion pour la motorisation du portail
Pour notre portail, nous avions choisi une motorisation Somfy utilisant la technologie RTS plutôt que la solution io-homecontrol, principalement pour une question de coût.
L’installation répond à notre besoin.
En revanche, nous n’avons pas de retour d’état nous permettant de vérifier à distance si le portail est effectivement ouvert ou fermé.
Lorsque nous sommes absents, ce serait parfois rassurant de pouvoir le vérifier.
Nous pouvons tout de même envoyer un ordre de fermeture à distance via notre environnement Somfy : si le portail est déjà fermé, cela ne change rien ; s’il est ouvert, l’ordre permet de le fermer.
Là encore, je ne considère pas cela comme une véritable erreur.
C’était un arbitrage entre coût et fonctionnalités, fait avec nos priorités de l’époque.
Aujourd’hui, sachant davantage comment j’utilise la domotique, je prendrais peut-être une autre décision.
18. Ce que mes erreurs de rénovation m’ont appris
Après toutes ces erreurs et tous ces petits regrets, je ne pense pas qu’il existe une recette permettant de réussir parfaitement une rénovation.
Mais certaines règles ressortent clairement de mon expérience.
La première serait de préparer énormément le chantier, tout en acceptant dès le départ que tout ne se passera pas comme prévu.
La deuxième serait de prévoir suffisamment de temps. Se fixer un objectif est important pour ne pas laisser une rénovation s’étaler pendant des années, mais le planning doit rester réaliste.
Je continuerais également à demander de l’aide, qu’elle vienne de professionnels, de la famille ou des amis.
Un regard extérieur peut faire avancer le chantier, mais aussi remettre en question une idée sur laquelle on s’était focalisé.
Je ne chercherais pas non plus à économiser sur absolument tout.
Je reste convaincu qu’il existe des postes où un produit relativement simple peut parfaitement répondre au besoin, et d’autres où je préfère investir dans du matériel que je considère de qualité, notamment pour certains équipements techniques ou difficiles à remplacer.
Enfin, je continuerais à suivre les travaux confiés aux professionnels.
Faire appel à un artisan ne signifie pas qu’il faut se désintéresser du chantier. Un professionnel peut faire une erreur, ou simplement avoir compris différemment une demande.
Un interrupteur positionné au mauvais endroit parce que l’on s’est mal compris peut obliger à reprendre une partie du travail.
Suivre le chantier permet aussi de détecter ces incompréhensions suffisamment tôt.
Je ne regrette pourtant pas d’avoir fait autant de choses moi-même
Malgré tout ce que je viens de raconter, je ne regrette absolument pas d’avoir réalisé autant de travaux moi-même.
Aucune de nos erreurs n’a remis en cause l’ensemble du projet.
Certaines ont été difficiles à encaisser sur le moment. Quand on travaille depuis des semaines, découvrir qu’il faut casser un ragréage que l’on vient de terminer ou reprendre une partie déjà finie n’est jamais agréable.
Mais ces erreurs font aussi partie de l’expérience acquise.
C’est en faisant, en essayant et parfois en se trompant que j’ai appris.
Si je devais aujourd’hui rénover une nouvelle maison, je pense que j’aborderais beaucoup de choses avec davantage de sérénité.
En revanche, serais-je prêt physiquement et mentalement à refaire une rénovation complète de cette ampleur ?
Très honnêtement, je ne sais pas.
Pour un projet professionnel, avec un objectif différent derrière, peut-être.
Mais pour reproduire simplement l’expérience que nous avons vécue avec notre propre maison, la motivation ne serait probablement plus la même.
La récompense d’avoir rénové notre maison nous-mêmes, je l’ai déjà obtenue. Et la fierté qui va avec aussi.
