Faire soi-même ou faire appel à un professionnel pour ses travaux de rénovation
| | | | | | |

Faire soi-même ou faire appel à un professionnel : comment décider ?

Lorsque nous avons commencé la rénovation de notre maison, nous ne savions pas précisément quels travaux nous allions réaliser nous-mêmes et lesquels nous allions confier à des professionnels.

Nous avions déjà une certaine expérience en bricolage : peinture, carrelage, montage d’une cuisine, quelques aménagements et un peu d’électricité. Mais en matière de rénovation complète d’une maison, notre expérience restait limitée.

Nous nous sommes donc posé la même question pour presque chaque poste :

Vaut-il mieux faire les travaux soi-même ou faire appel à un professionnel ?

Après avoir rénové une grande partie de notre maison nous-mêmes, je pense qu’il n’existe pas de réponse universelle. La décision dépend principalement de cinq critères : vos compétences, les risques en cas d’erreur, l’économie réelle, le temps disponible et la valeur ajoutée du professionnel.

Voici comment nous avons fait nos choix.

1. Ne pas savoir faire ne signifie pas qu’il faut déléguer

Au départ, notre objectif était de réaliser un maximum de travaux nous-mêmes afin de maîtriser notre budget.

Mais pour chaque poste, il fallait d’abord déterminer si nous étions capables d’obtenir un résultat satisfaisant.

Avant cette rénovation, je n’avais par exemple jamais refait une plomberie complète.

J’ai commencé par me renseigner : fonctionnement d’une installation, différents types de tuyaux, mise en œuvre du multicouche, raccords, nourrices, cheminement de l’eau…

Petit à petit, ce qui semblait très technique est devenu accessible.

C’est une idée que je me répète souvent : si quelqu’un est capable de le faire, je peux probablement apprendre à le faire moi aussi.

Cela ne signifie évidemment pas que je travaillerai aussi rapidement ou avec la même expérience qu’un artisan qui pratique son métier depuis vingt ans.

La bonne question n’est donc pas seulement :

« Est-ce que je sais le faire ? »

Mais plutôt :

« Est-ce que je peux raisonnablement acquérir les compétences nécessaires pour le faire correctement ? »

Pour la plomberie, le carrelage, le placo, la peinture ou encore certains aménagements, notre réponse a été oui.

Pour d’autres travaux, le raisonnement a été différent.

2. Évaluer les conséquences d’une erreur

Toutes les erreurs n’ont pas les mêmes conséquences.

Si vous posez mal quelques carreaux, vous risquez principalement d’obtenir un mauvais résultat et de devoir recommencer.

Avec un parquet flottant, le risque est également relativement limité : une erreur de pose peut généralement être corrigée.

Mais lorsque les travaux touchent à la sécurité ou à la structure de la maison, les conséquences potentielles changent complètement.

Nous souhaitions par exemple créer plusieurs ouvertures dans des cloisons qui, d’après les informations dont nous disposions et les avis de professionnels que nous avions sollicités, participaient vraisemblablement au soutien de la toiture.

Même en nous renseignant, nous avons considéré que le risque était trop important.

Nous avons donc confié la création des ouvertures et leur renforcement avec des poutres en bois à un professionnel.

Son intervention nous apportait également une garantie décennale sur ces travaux.

Dans ce type de situation, la question n’est plus simplement de savoir si l’on pourrait réussir à réaliser le chantier soi-même.

Il faut surtout se demander :

« Quelles seraient les conséquences si je me trompais ? »

Plus elles sont importantes, plus l’intervention d’un professionnel devient intéressante.

3. Calculer l’économie réelle du DIY

Le prix est évidemment un critère essentiel lorsque l’on hésite entre faire soi-même et faire appel à un artisan.

Mais il ne faut pas comparer uniquement le prix du devis avec celui des matériaux.

Il faut également prendre en compte l’outillage, les consommables, la location éventuelle de matériel et les erreurs que l’on peut commettre en apprenant.

Notre installation électrique en est un bon exemple.

Au départ, j’avais prévu de la réaliser moi-même. J’avais même commencé à concevoir le plan électrique et à estimer les quantités de matériel nécessaires.

Mais lorsque nous avons comparé cette estimation à la prestation complète d’un électricien de confiance, la différence était d’environ 25 %.

Nous nous sommes alors demandé si ces 25 % supplémentaires valaient la tranquillité d’esprit, les garanties, le respect des normes par un professionnel et le temps gagné.

Pour nous, la réponse était clairement oui.

Si le prix avait été deux fois supérieur, nous aurions peut-être fait un choix différent.

Mais dans notre situation, le jeu n’en valait pas la chandelle.

À l’inverse, certains travaux peuvent devenir financièrement très intéressants à réaliser soi-même.

Nous avons notamment choisi d’installer nous-mêmes nos panneaux photovoltaïques après nous être longuement renseignés et avoir bénéficié de guides fournis par des entreprises spécialisées dans le matériel destiné à l’auto-installation.

Dans notre cas, l’économie sur la main-d’œuvre était suffisamment importante pour justifier le temps consacré au projet.

Deux chantiers techniques peuvent donc aboutir à deux décisions complètement différentes.

4. Ne pas oublier le temps et l’énergie

Lorsqu’on calcule ce que l’on économise en faisant ses travaux soi-même, on oublie facilement deux ressources : le temps et l’énergie.

Lors de notre rénovation, nous avions énormément de choses à réaliser dans un délai relativement court.

Faire intervenir l’électricien nous a permis de continuer à travailler sur d’autres postes pendant qu’il réalisait l’installation électrique.

Plusieurs chantiers avançaient donc simultanément.

Nous avons appliqué le même raisonnement lorsque notre terrassier nous a proposé de réaliser une petite dalle en béton pour notre cabane de jardin.

Puisqu’il était déjà présent avec son matériel, la différence de prix avec une réalisation par nos soins était faible.

Nous avons préféré lui confier le travail et consacrer notre temps à autre chose.

Être capable de faire un travail soi-même ne signifie pas forcément qu’il soit intéressant de le faire.

Sur une rénovation importante, déléguer intelligemment certains postes peut permettre d’avancer beaucoup plus vite.

5. Un professionnel fera-t-il forcément mieux ?

C’est probablement le critère le plus délicat.

Et notre expérience m’amène à répondre : pas toujours.

Un bon artisan possède une expérience, une rapidité et un savoir-faire que nous n’avons pas. Il peut également éviter des erreurs qu’un particulier commettra pendant son apprentissage.

Mais tous les professionnels ne travaillent pas de la même manière.

Sur certains travaux que nous avons réalisés nous-mêmes — notamment le carrelage, la peinture, le placo ou la plomberie — nous avons obtenu un résultat dont nous sommes pleinement satisfaits.

Plusieurs professionnels intervenus ensuite dans la maison nous ont d’ailleurs fait des remarques positives sur certains de ces travaux.

Lorsque l’on rénove sa propre maison, on possède aussi un avantage : on peut prendre le temps d’être extrêmement minutieux.

À l’inverse, l’expérience d’un professionnel peut faire une vraie différence sur certaines tâches.

Nous avons par exemple posé nous-mêmes les plaques de plâtre, mais confié les bandes et les joints à un professionnel.

Nous aurions probablement pu apprendre à les faire. Mais nous voulions une excellente finition, notamment sur de grands murs où la lumière rasante fait facilement ressortir les défauts.

Nous avons donc réalisé la partie qui nous semblait accessible et délégué celle sur laquelle le savoir-faire du professionnel avait le plus de valeur.

Il n’est pas toujours nécessaire de choisir entre tout faire soi-même et tout faire faire.

Faire appel à un artisan ne dispense pas de suivre le chantier

Confier un travail à une entreprise ne signifie pas non plus qu’il faut complètement se désintéresser du chantier.

Nous l’avons particulièrement constaté lors de notre isolation thermique par l’extérieur.

L’ampleur des travaux et la technicité de certaines finitions justifiaient clairement, pour nous, l’intervention d’une entreprise.

Globalement, nous sommes satisfaits du résultat.

Mais nous avons suivi le chantier quotidiennement et signalé certains éléments qui nécessitaient d’être repris ou ajustés.

À l’inverse, notre expérience avec l’électricien s’est déroulée sans problème et nous a apporté exactement la tranquillité que nous recherchions.

Faire appel à un professionnel peut être la bonne décision. Encore faut-il choisir le bon professionnel et continuer à suivre son chantier.

Les travaux que nous avons choisi de déléguer

Au final, nous avons réalisé nous-mêmes une grande partie de notre rénovation, mais nous avons volontairement confié certains postes à des professionnels.

Nous avons notamment délégué les ouvertures et renforcements touchant à la structure de la maison, la rénovation complète de l’installation électrique, l’isolation thermique par l’extérieur, la pose des nouvelles menuiseries et de leurs volets roulants électriques, les bandes de placo et certains aménagements en bois sur mesure.

Les raisons étaient différentes selon les travaux : risque, garantie, manque de temps, niveau de finition recherché, ampleur du chantier ou compétences spécifiques.

C’est justement ce que notre rénovation m’a appris : il n’existe pas une catégorie de travaux à faire soi-même et une autre à systématiquement confier aux professionnels.

Il faut faire l’arbitrage chantier par chantier.

Les 5 questions à se poser avant de décider

Aujourd’hui, avant de décider de faire un chantier moi-même ou de faire appel à un professionnel, je me poserais ces cinq questions.

1. Ai-je les compétences nécessaires ou puis-je les acquérir ?

Ne jamais avoir réalisé un travail n’est pas forcément un problème.

Il faut surtout déterminer si vous pouvez apprendre suffisamment pour comprendre ce que vous faites et atteindre le niveau de finition recherché.

2. Que se passe-t-il si je fais une erreur ?

Une erreur de carrelage n’a pas les mêmes conséquences qu’une erreur affectant la structure de la maison ou la sécurité d’une installation.

Plus les conséquences potentielles sont importantes, plus il faut être prudent.

3. Combien vais-je réellement économiser ?

Comparez le devis professionnel au coût réel du DIY : matériaux, consommables, outillage, location de matériel et marge pour les erreurs.

Si l’écart est faible, faire appel à un professionnel peut devenir beaucoup plus intéressant.

4. Ai-je le temps et l’énergie ?

Un chantier accessible techniquement peut malgré tout demander plusieurs jours ou semaines.

Sur une rénovation complète, faire travailler un professionnel pendant que vous avancez ailleurs peut parfois avoir plus de valeur que l’économie réalisée en faisant tout vous-même.

5. Quelle valeur le professionnel m’apporte-t-il ?

Une meilleure finition ? Une compétence particulière ? Du matériel spécifique ? Une garantie ? Une réduction importante du risque ? Un gros gain de temps ?

Si son intervention apporte peu de valeur supplémentaire et que le travail est à votre portée, le DIY peut avoir beaucoup de sens.

À l’inverse, si elle apporte une véritable sécurité ou un savoir-faire difficile à acquérir, payer un professionnel peut être le meilleur investissement.

Faire soi-même, oui, mais pas à tout prix

Après avoir rénové une grande partie de notre maison nous-mêmes, je reste convaincu qu’un particulier motivé, rigoureux et prêt à apprendre peut réaliser énormément de choses.

Bien plus que ce que nous imaginions avant de commencer.

Mais le but d’une rénovation n’est pas de pouvoir dire :

« J’ai tout fait moi-même. »

Le but est de réussir son projet.

Parfois, la meilleure décision consiste à apprendre une nouvelle compétence et à se lancer.

Parfois, le gain financier ne justifie simplement pas les heures de travail supplémentaires.

Et parfois, les risques ou le niveau de compétence nécessaire rendent l’intervention d’un bon professionnel beaucoup plus pertinente.

Avec le recul, je ne regrette ni les principaux travaux que nous avons décidé de déléguer, ni ceux que nous avons osé apprendre à réaliser nous-mêmes.

Le bon choix n’est pas de faire soi-même ou de faire faire. C’est de savoir pourquoi on choisit l’un ou l’autre.

Publications similaires