Plan de l’installation électrique préparé avant la rénovation de notre maison
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Penser l’installation électrique d’une maison avant les travaux

Quand on rénove entièrement une maison, l’électricité fait partie des choses qu’il vaut mieux réfléchir très tôt. Une prise oubliée n’est pas forcément dramatique. On peut toujours utiliser une multiprise ou une rallonge. Mais lorsque les murs viennent d’être refaits, les rouvrir pour ajouter une gaine ou déplacer une prise est beaucoup plus contraignant.

Lors de la rénovation de notre maison, nous avons donc essayé d’anticiper au maximum notre future installation électrique avant le début des travaux.

Nous n’avons évidemment pas tout prévu. Certains équipements auxquels nous pensions n’ont finalement jamais utilisé les réserves que nous avions préparées, tandis que d’autres sont apparus plusieurs années après la rénovation.

Mais, dans l’ensemble, cette réflexion en amont nous a permis d’obtenir une installation qui correspond encore aujourd’hui assez bien à nos besoins.

Et avec le recul, je pense que la meilleure façon de préparer son installation électrique n’est pas de commencer par se demander combien de prises mettre dans chaque pièce.

Il faut d’abord imaginer comment on va vivre dans la maison.

Partir d’un plan de la maison

Dans notre cas, nous avions un avantage : la maison que nous achetions appartenait à ma famille et n’était plus habitée.

Nous pouvions donc y accéder librement avant les travaux, prendre toutes les mesures nécessaires et récupérer les plans d’origine de la maison.

Nous avons alors reproduit la maison à l’échelle dans Sweet Home 3D, un logiciel gratuit que j’ai trouvé relativement facile à prendre en main tout en étant suffisamment précis pour notre besoin.

Nous avons reproduit la partie habitable, mais également le sous-sol.

Ce plan nous a servi pour beaucoup de choses : réfléchir à l’ouverture de certaines cloisons, à l’aménagement des pièces, à la plomberie, à la ventilation… et bien sûr à l’électricité.

L’intérêt principal était de pouvoir positionner nos futurs meubles.

Peu importait que le canapé disponible dans le logiciel ressemble réellement à celui que nous allions acheter. Ce qui m’intéressait, c’était d’avoir approximativement les bonnes dimensions.

Même chose pour le lit, le meuble TV ou les autres gros meubles.

Une fois tout cela positionné, il devenait beaucoup plus facile d’imaginer nos besoins électriques.

Imaginer l’usage de chaque pièce avant de placer les prises

C’est probablement le conseil principal que je retiendrais de cette expérience.

Plutôt que de commencer directement par placer des prises sur un plan, j’essaierais d’abord de me mettre mentalement dans la pièce terminée.

Qu’est-ce que je vais faire ici ? De quoi vais-je avoir besoin ?

Prenons une chambre.

Il faut probablement pouvoir brancher une lampe de chevet. Peut-être qu’un jour un bureau sera installé sur un autre pan de mur, avec un ordinateur. Il peut également être pratique d’avoir une prise disponible pour passer l’aspirateur sans devoir débrancher autre chose.

Dans notre cas, nous avons essayé d’avoir au minimum trois prises électriques et une prise RJ45 dans chaque chambre.

Toutes les prises RJ45 ne sont pas utilisées aujourd’hui. Mais chaque chambre est pré-équipée si son usage évolue un jour.

Dans notre chambre, nous connaissions déjà l’emplacement du lit. Nous avons donc ajouté des prises de chaque côté.

Nous avons suivi la même logique dans le séjour en réfléchissant à l’emplacement du canapé et surtout de la télévision.

Et c’est justement à cet endroit que je ferais légèrement différemment aujourd’hui.

Nous avions prévu deux prises électriques, deux prises RJ45 et une prise antenne derrière la télévision.

À l’usage, entre la télévision, le décodeur, éventuellement la box et les différents équipements que l’on peut ajouter autour, quatre prises électriques auraient probablement été plus adaptées.

Nous utilisons donc une multiprise.

Ce n’est pas très gênant, mais puisque nous refaisions entièrement l’installation, quelques prises supplémentaires auraient été faciles à prévoir à ce moment-là.

Ne pas oublier que les meubles peuvent condamner certaines prises

À l’inverse, nous avons également quelques prises qui ne servent pratiquement jamais.

Nous en avons par exemple une derrière le canapé dont l’accès est devenu compliqué. Nous avons réussi à y brancher une lampe, mais elle n’est pas réellement pratique à utiliser.

Même constat derrière notre poêle à granulés : nous avions prévu deux prises, mais l’une d’elles est devenue difficilement accessible une fois le poêle installé.

Cela montre bien qu’il ne suffit pas de compter les prises.

Leur emplacement est au moins aussi important que leur nombre.

Cette réflexion vaut également pour les interrupteurs.

Dans les chambres, leur positionnement est relativement évident. Dans une grande pièce ouverte regroupant entrée, séjour et cuisine, cela devient plus compliqué.

Il faut imaginer les déplacements : par où vais-je entrer ? Où vais-je naturellement passer ? Où aurais-je envie d’allumer cette lumière ?

Et, là encore, il faut penser aux meubles. Un interrupteur parfaitement placé sur un plan peut devenir complètement inaccessible si vous installez ensuite une grande armoire devant.

Nous avons parfois douté de certains de nos choix après avoir emménagé. Pendant quelque temps, nous nous sommes dit qu’un interrupteur aurait peut-être été plus pratique sur un autre mur.

Finalement, nous nous sommes habitués à leur emplacement.

Il ne faut donc probablement pas non plus chercher une perfection absolue. L’important est surtout d’éviter les grosses incohérences.

Pour la cuisine, préparer l’aménagement avant le passage de l’électricien

La cuisine mérite selon moi une attention particulière.

Nous avions préparé son implantation avant les travaux électriques.

L’électricien savait ainsi précisément où seraient installés le four, le micro-ondes, la plaque à induction, la hotte et les autres équipements.

Cela lui permettait de prévoir les alimentations aux bons endroits, idéalement derrière les meubles ou les appareils concernés, sans avoir de câbles apparents.

L’idée est de concevoir d’abord l’implantation de la cuisine pour pouvoir adapter l’installation électrique à nos besoins, et non de devoir ensuite modifier la cuisine en fonction d’arrivées électriques déjà positionnées.

Pour les équipements nécessitant une alimentation particulière, nous nous sommes en revanche appuyés sur les connaissances de notre électricien.

Notre rôle était surtout de lui dire ce que nous voulions installer et où. À lui ensuite de traduire ces besoins dans une installation électrique adaptée.

C’est particulièrement important dans une cuisine, où certains équipements doivent disposer de circuits spécialisés et où le nombre et l’emplacement des prises répondent à des règles précises.

Transformer nos idées en véritable plan électrique

Au départ, je pensais réaliser moi-même toute l’installation électrique.

À partir de notre plan de maison, j’avais donc extrait une vue sur laquelle j’avais ajouté, avec PowerPoint, les différents éléments que nous souhaitions : luminaires, prises, interrupteurs…

J’avais créé mes propres couleurs et mes propres symboles.

Ce n’était absolument pas un plan électrique professionnel ou normalisé.

Mais ce document avait un énorme avantage : il représentait précisément ce que nous voulions.

Il m’avait également permis de commencer à réfléchir aux quantités de matériel, aux longueurs de câbles et aux différents types de commandes nécessaires.

Finalement, nous avons décidé de confier la réfection de l’électricité à un professionnel.

Et ce travail préparatoire n’a pas été perdu pour autant.

Au contraire.

Nous avons transmis notre plan à l’électricien et nous avons pu le reprendre ensemble.

Il a identifié certaines choses inutiles ou peu cohérentes auxquelles je n’avais pas pensé.

Par exemple, nous avions prévu des interrupteurs permettant de commander le plafonnier de notre chambre depuis la tête de lit. Mais puisque nous savions déjà que nous utiliserions des lampes de chevet, il nous a fait remarquer que ces commandes supplémentaires n’étaient probablement pas nécessaires.

Deux interrupteurs supprimés, ce n’est pas grand-chose.

Mais lorsqu’on multiplie ce genre de petits choix dans toute une maison, on simplifie l’installation et on peut également réduire légèrement la facture.

Faire appel à un électricien ne dispense pas de réfléchir soi-même

C’est un point qui me semble important.

Ce n’est pas parce qu’un professionnel réalise l’installation qu’il faut lui laisser décider seul de l’emplacement de toutes les prises et de tous les interrupteurs.

L’électricien apporte son expertise technique et son expérience.

Mais c’est vous qui allez vivre dans la maison.

C’est vous qui savez qu’un bureau sera probablement installé ici, que vous voulez votre canapé à cet endroit ou que vous envisagez une grande penderie sur ce mur.

Notre plan a justement servi de base de discussion avec notre électricien.

Il a corrigé certaines de nos idées. De notre côté, nous pouvions lui expliquer pourquoi nous tenions à certains emplacements.

Je pense que c’est cette discussion qui permet d’arriver à une installation réellement adaptée : réfléchir soi-même à ses usages, puis confronter cette réflexion à l’expérience du professionnel.

Anticiper aussi les équipements qui arriveront plusieurs années plus tard

Réfléchir à l’installation électrique ne signifie pas uniquement penser aux équipements présents au moment de la rénovation.

Nous savions par exemple que nous voulions installer des panneaux photovoltaïques un jour.

Nous ne savions ni quand, ni exactement combien.

Je m’étais néanmoins renseigné sur ce dont nous pourrions avoir besoin et nous avions prévu plusieurs gaines vides entre la toiture et la partie technique de la maison.

Ces réserves ont finalement été très utiles.

Lorsque nos panneaux photovoltaïques ont été installés plusieurs années plus tard, nous avons pu réutiliser les passages prévus lors de la rénovation. Il nous reste même encore une réserve pour une éventuelle évolution future de l’installation.

Nous avions également anticipé l’électrification de notre porte de garage.

Le jour où elle a été installée, l’alimentation nécessaire était déjà présente.

En revanche, nous avions fait exactement la même chose pour nos volets roulants… pour rien.

À l’époque, ils fonctionnaient avec des chaînes. Nous avions donc demandé à l’électricien de prévoir les alimentations et les emplacements des futures commandes.

Lorsque nous avons finalement changé les menuiseries et installé des volets roulants électriques, leurs commandes étaient sans fil.

Les réserves prévues dans les murs n’ont jamais servi et nous avons simplement installé des obturateurs à la place.

Est-ce que je regrette de les avoir prévues ?

Pas vraiment.

Au moment de la rénovation, nous ne pouvions pas savoir exactement quelle solution serait installée plusieurs années plus tard.

Je préfère avoir prévu une réserve finalement inutile plutôt que devoir rouvrir un mur parce que je n’en avais prévu aucune.

Profiter des travaux pour passer des gaines en attente

J’ai appliqué le même principe plus tard pour notre portail électrique.

Pour l’alimenter, j’ai dû creuser une tranchée de plus de 20 mètres entre la maison et le portail.

Puisque la tranchée était ouverte, j’en ai profité pour installer un second gros fourreau vide.

Il ne sert à rien aujourd’hui.

Mais si nous voulons un jour apporter de l’électricité plus loin dans le terrain, pour une piscine ou un autre équipement par exemple, une grande partie du passage est déjà disponible.

Nous avions également imaginé créer une grande penderie aménagée dans notre chambre avec éventuellement un éclairage intérieur. Nous avons donc prévu une alimentation.

Pour l’instant, elle ne sert pas non plus.

Peut-être ne servira-t-elle jamais.

Mais une gaine vide ou une alimentation en attente prévue lorsque tout est ouvert me dérange beaucoup moins que l’idée de devoir rouvrir un mur terminé quelques années plus tard.

Évidemment, on ne peut pas tout prévoir.

Au moment de notre rénovation, je n’avais par exemple absolument pas envisagé d’installer un jour du solaire thermique.

Aujourd’hui, c’est un projet auquel je réfléchis et j’aurais aimé pouvoir profiter de certains passages techniques créés à l’époque.

Mais ce projet n’existait tout simplement pas dans ma tête.

Je vais donc devoir adapter l’existant.

L’objectif n’est pas de prédire tous les équipements que l’on possédera dans vingt ans. Il est plutôt d’anticiper ceux auxquels on pense déjà et, lorsque c’est facile, de conserver quelques possibilités d’évolution.

Penser aux passages des gaines avant de fermer les murs

Dans notre maison, nous avions décidé de recouvrir les murs existants avec une nouvelle couche de plaques de plâtre.

Cela a beaucoup facilité le travail de l’électricien.

Il pouvait ouvrir localement l’ancien placo, faire passer ses gaines dans la structure puis tout cacher derrière le nouveau parement.

Une grande partie des réseaux remontait vers les combles avant de redescendre vers notre local technique à un endroit central de la maison.

Et cet emplacement n’a pas été choisi au hasard.

En étudiant le plan de la maison, nous nous sommes rendu compte qu’un mur permettait de créer un passage relativement direct entre les combles et le sous-sol. Il suffisait notamment de créer une ouverture dans la dalle pour regrouper les gaines à cet endroit.

C’est typiquement le genre de chose beaucoup plus facile à identifier sur un plan avant les travaux qu’une fois le chantier commencé.

Avec le recul, j’aurais cependant pu aller encore un peu plus loin.

À l’endroit où toutes les gaines descendent, j’aurais aimé prévoir une véritable trappe de visite permettant d’accéder plus facilement aux réseaux.

La zone est encore accessible aujourd’hui et je pourrai probablement le faire un jour.

Ce serait utile pour une éventuelle intervention ou pour faciliter le passage d’une nouvelle gaine.

L’électricité doit être pensée au bon moment dans la rénovation

Toute cette réflexion doit évidemment être faite suffisamment tôt.

Si vous refaites complètement vos murs ou créez de nouvelles cloisons, il est beaucoup plus simple d’anticiper les réseaux tant que tout est encore accessible.

Si l’on réfléchit à l’électricité une fois les murs terminés et peints, les solutions deviennent immédiatement plus contraignantes.

Il faut alors rouvrir, créer des saignées et refaire les finitions, ou accepter une installation apparente avec des goulottes.

Selon la rénovation, cette dernière solution peut d’ailleurs parfaitement se justifier.

Mais lorsque les murs sont déjà ouverts, autant profiter de cette occasion pour réfléchir sérieusement aux réseaux qui devront y passer.

Malgré toute cette préparation, nous n’avons pas tout anticipé

Depuis notre rénovation, de nouveaux besoins sont apparus.

Nous avons notamment installé une borne de recharge pour notre voiture électrique, que nous n’avions pas prévue à l’époque.

Heureusement, elle se trouve au sous-sol.

Nous avons donc pu ajouter proprement un câble apparent fixé au mur sans avoir besoin d’ouvrir quoi que ce soit.

Nous avons également électrifié notre portail après la rénovation.

Et il me manque peut-être aujourd’hui quelques prises extérieures. Nous n’en avons qu’une seule au niveau de notre terrasse. Lorsque je bricole ailleurs dans le jardin, je dois utiliser un dérouleur électrique.

Ce n’est pas très contraignant, mais si je devais refaire aujourd’hui le plan électrique de la maison, j’ajouterais probablement quelques prises extérieures supplémentaires.

Au final, ce sont cependant des ajustements assez mineurs.

Nous n’avons jamais eu à rouvrir complètement un mur terminé parce qu’une prise essentielle avait été oubliée.

Pour moi, c’est probablement le meilleur signe que la réflexion menée avant les travaux a été utile.

La méthode que j’utiliserais aujourd’hui

Si je devais préparer à nouveau l’installation électrique complète d’une maison, je suivrais finalement une méthode assez proche de celle que nous avons utilisée.

Je commencerais par réaliser un plan précis de la maison à l’échelle.

J’y placerais ensuite les principaux meubles : lits, canapé, télévision, bureaux, cuisine, gros rangements…

Puis je me placerais mentalement dans chacune des pièces en me demandant comment elle sera utilisée aujourd’hui, mais également comment elle pourrait évoluer.

Seulement après cette réflexion, je placerais les prises, les interrupteurs, les points lumineux et les différents équipements techniques.

Je réfléchirais ensuite aux projets futurs déjà envisagés : panneaux solaires, véhicule électrique, portail, pergola, piscine, abri de jardin, éclairages extérieurs…

Et je chercherais surtout les endroits où une gaine supplémentaire ou un fourreau vide peut être installé facilement pendant que tout est encore accessible.

Enfin, je présenterais l’ensemble à l’électricien pour confronter mes choix à son expérience et corriger ce qui doit l’être.

Parce qu’au fond, bien préparer son installation électrique avant les travaux ne consiste pas à essayer de prévoir parfaitement l’avenir.

Il s’agit surtout de se poser suffisamment de questions pendant qu’il est encore facile d’y répondre.

Une prise ou une gaine supplémentaire peut ne jamais servir.

Mais lorsqu’un mur est encore ouvert, c’est précisément le moment où cette possibilité coûte le moins cher et demande le moins de travail.

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