Comment planifier une rénovation quand on travaille à temps plein ?
Rénover une maison tout en travaillant à temps plein est tout à fait possible. Mais lorsqu’on parle d’une rénovation importante, la difficulté n’est pas seulement de savoir réaliser les travaux : il faut réussir à trouver le temps et l’énergie nécessaires pendant plusieurs mois.
Lorsque nous avons acheté notre maison en août 2021, nous nous étions fixé un objectif ambitieux : pouvoir y emménager avant Noël.
Nous avions donc un peu moins de cinq mois pour rendre la maison fonctionnelle, avec une cuisine et au moins une salle de bain utilisables, mais aussi pour terminer les travaux les plus salissants avant notre emménagement.
Électricité, plomberie, chauffage, VMC, placo, peinture, sols, salles de bain, cuisine, isolation… La liste était longue.
À côté de cela, je travaillais à temps plein en CDI avec un statut cadre. J’avais une certaine souplesse dans mes horaires et un peu de télétravail, mais il fallait malgré tout faire rentrer la rénovation dans les soirées, les week-ends et quelques jours de congé.
Avec le recul, s’il y a une chose qui nous a permis de tenir notre objectif, c’est d’avoir énormément préparé et planifié notre rénovation avant et pendant le chantier.
Commencer par établir la liste complète des travaux
Avant de construire un planning de rénovation, nous avons commencé par lister tous les grands postes : plomberie, électricité, VMC, placo, isolation, peinture, sols, cuisine, salles de bain, chauffage…
Pour chacun, j’ai ensuite estimé le coût des matériaux et de l’outillage nécessaires si nous réalisions les travaux nous-mêmes.
Lorsque certains travaux nous semblaient trop complexes, nous demandions également des devis à des professionnels.
Cela nous a permis de répondre à trois questions essentielles :
- Quels travaux allons-nous réaliser nous-mêmes ?
- Quels travaux allons-nous confier à des professionnels ?
- Quels travaux peuvent attendre si le budget ou le planning ne permettent pas de tout faire immédiatement ?
Nous avons par exemple décidé de repousser le remplacement des menuiseries. Elles étaient anciennes, mais encore fonctionnelles, et leur remplacement représentait un budget important.
Nous avons préféré consacrer cet argent à des postes que nous considérions comme prioritaires, notamment l’électricité, la plomberie ou le chauffage.
Avant même de planifier les travaux, il faut donc définir clairement ce qui doit réellement être terminé avant l’emménagement.
Transformer cette liste en véritable planning de rénovation
Une fois les travaux identifiés, j’ai créé un fichier Excel avec une date de début et une durée estimée pour chaque grand poste.
L’objectif était de construire quelque chose qui se rapproche d’un diagramme de Gantt : une représentation du projet dans le temps permettant de visualiser les différentes tâches, leur durée et celles qui peuvent être réalisées simultanément.
Ce planning nous a permis de vérifier si notre objectif d’emménagement avant Noël semblait réaliste, mais surtout de réfléchir aux dépendances entre les travaux.
L’électricité en est un bon exemple.
Notre électricien devait commencer avant la pose définitive du placo afin de pouvoir passer son installation. Son intervention se poursuivait ensuite pendant et après la pose de certaines plaques pour installer les prises et les interrupteurs.
Pendant ce temps, nous pouvions avancer sur la plomberie ou la VMC.
Nous avons donc essayé de faire avancer plusieurs postes en parallèle sans qu’ils se bloquent entre eux.
Ce planning n’est évidemment pas resté figé pendant cinq mois. Nous l’avons adapté aux imprévus et aux disponibilités des professionnels, mais il nous donnait en permanence une direction.
Organiser son planning autour des artisans
Lorsqu’un professionnel intervient au milieu d’une rénovation que vous réalisez en grande partie vous-même, sa date d’intervention devient une échéance importante.
Avant le passage de l’électricien, par exemple, les combles devaient être suffisamment dégagés et propres pour qu’il puisse y installer son système.
Nous savions donc que cette tâche devait être terminée avant son arrivée.
À l’inverse, nous n’avions pas toujours la maîtrise complète du calendrier. Les professionnels ont leurs propres chantiers et leurs contraintes.
Il faut donc échanger suffisamment tôt avec eux, connaître leurs disponibilités et conserver une certaine souplesse.
Plus vous connaissez tôt leurs dates d’intervention, plus il devient facile d’organiser votre propre travail autour.
Prévoir de la marge pour les imprévus
Même avec un planning détaillé, certaines tâches ont pris beaucoup plus de temps que prévu.
La plomberie en est probablement le meilleur exemple.
C’était un domaine nouveau pour moi et j’en réalisais une grande partie seul. Les week-ends étaient souvent consacrés aux travaux pour lesquels nous avions de l’aide, tandis que la plomberie avançait principalement le soir.
Elle s’est donc étalée beaucoup plus longtemps que ce que j’avais imaginé.
Nous avons également rencontré les imprévus classiques d’une rénovation : davantage d’amiante que prévu, du matériel inadapté, des travaux à reprendre ou simplement des opérations plus longues que prévu.
C’est pour cette raison que je conseillerais aujourd’hui de prévoir des marges dans le planning.
Si vous estimez qu’un travail nécessite deux semaines, ne construisez pas tout votre calendrier en partant du principe qu’il sera obligatoirement terminé au soir du quatorzième jour.
Une marge permet d’absorber un problème sans décaler immédiatement tout ce qui vient derrière.
Et si tout se passe bien, cette marge peut tout simplement devenir… du repos.
Anticiper les matériaux pour ne pas perdre son temps disponible
Quand on travaille à temps plein, les périodes réellement disponibles pour avancer sont précieuses.
Il serait dommage de perdre une demi-journée de travaux parce qu’il manque des matériaux ou parce qu’un produit est finalement indisponible.
Nous avons donc essayé d’acheter une grande partie de nos matériaux en amont : placo, carrelages, radiateurs, colles, joints, matériel de plomberie et différents outils.
L’idée était simple : lorsque nous avions enfin du temps disponible pour travailler, nous voulions pouvoir travailler.
La phase de démolition et de préparation du chantier nous a notamment servi à finaliser les commandes et à attendre les livraisons.
Cela n’empêche évidemment pas les allers-retours en magasin. Il y en aura toujours.
Mais plus les achats importants sont anticipés, moins le chantier risque d’être bloqué par une rupture de stock ou un délai de livraison.
Garder un chantier organisé fait aussi gagner du temps
Il y a un autre élément beaucoup moins spectaculaire qui nous a aidés : ranger le chantier.
Nous essayions de prendre du temps chaque soir pour aspirer, ranger les outils et remettre le matériel à sa place.
Nous avions notamment consacré une pièce au stockage de l’outillage, y compris celui prêté par notre famille.
Cela peut sembler être du temps perdu lorsqu’on est pressé d’avancer. Pourtant, le lendemain, nous savions exactement où trouver ce dont nous avions besoin.
C’était également beaucoup plus simple lorsque des proches venaient nous aider : chacun savait où aller chercher un outil et où le remettre ensuite.
Sur plusieurs mois de travaux, toutes ces petites pertes de temps évitées finissent par compter.
Préserver son énergie sur plusieurs mois
Sur le papier, il suffit de prendre son temps disponible et de le consacrer aux travaux.
Dans la réalité, c’est beaucoup plus compliqué.
Pendant cette période, je travaillais quasiment tous les soirs après ma journée professionnelle. Avec le recul, j’estime que je pouvais consacrer environ quatre heures aux travaux pendant une journée de semaine.
Les week-ends, nous pouvions facilement atteindre une dizaine d’heures de travail par jour. Les quelques jours de congé disponibles étaient eux aussi généralement consacrés à la maison.
Ce rythme est tenable quelque temps. Beaucoup moins pendant plusieurs mois.
Dans mon cas, j’ai commencé à réellement ressentir la fatigue après environ trois mois. La motivation d’avoir notre maison et l’objectif d’y emménager avant Noël nous ont permis de continuer, mais la rénovation occupait alors une place énorme dans notre quotidien.
Le sport et les loisirs avaient notamment été largement mis de côté.
Avec le recul, je pense qu’il faut considérer son énergie comme une ressource du chantier au même titre que son temps et son budget.
Travailler épuisé augmente le risque de faire une erreur, de devoir recommencer et finalement… de perdre encore davantage de temps.
Si je recommençais, je prévoirais des week-ends sans travaux
C’est probablement l’un des principaux changements que j’apporterais aujourd’hui à notre organisation.
Je garderais au moins un week-end par mois sans travaux.
Peu importe qu’il soit consacré à une sortie, à la famille, à regarder des séries ou simplement à ne rien faire. L’objectif serait de couper complètement avec la rénovation pour récupérer.
Je prévoirais également davantage de marge avant la date d’emménagement.
Nous avons réussi à réaliser la grosse partie de notre rénovation en un peu moins de cinq mois, mais un ou deux mois supplémentaires auraient probablement permis de réduire considérablement la pression, notamment pendant les finitions.
Ne pas hésiter à déléguer
Notre planning aurait également été beaucoup plus difficile à tenir sans l’aide de notre famille et de nos amis.
Nous avons reçu de l’aide sur de nombreux postes : démolition, évacuation, carrelage, peinture, plomberie, chauffage, nettoyage des combles…
Et déléguer ne signifie pas forcément confier la totalité d’un travail.
Pour le carrelage, par exemple, une personne peut préparer les carreaux ou appliquer la colle pendant qu’une autre se concentre sur leur pose et leur alignement.
Pour la peinture, certaines tâches peuvent également être expliquées facilement à des proches.
Il faut évidemment vérifier que les consignes ont été comprises et communiquer correctement avec les personnes qui viennent vous aider.
Mais vouloir absolument tout faire seul peut devenir extrêmement difficile lorsqu’on travaille déjà à temps plein.
La préparation est probablement le meilleur investissement en temps
Si un ami me disait aujourd’hui : « Je travaille à temps plein et je vais rénover ma maison moi-même, comment dois-je m’organiser ? », mon premier conseil serait de ne surtout pas considérer le temps passé à préparer le chantier comme du temps perdu.
Listez les travaux, visualisez leur ordre, identifiez ce que vous ferez vous-même et ce que vous confierez à des professionnels, anticipez leurs interventions et commandez suffisamment tôt les matériaux importants.
Ajoutez aussi des marges dans votre planning et prévoyez du repos.
Notre planning n’a pas empêché les imprévus. Il n’a pas non plus rendu la rénovation facile.
Mais il nous a permis de voir les problèmes suffisamment tôt, d’arbitrer lorsque c’était nécessaire et de savoir en permanence ce qui devait être fait ensuite.
Quand on rénove sa maison tout en travaillant à temps plein, le véritable objectif n’est finalement pas de remplir chaque heure disponible de travaux.
C’est de réussir à avancer suffisamment vite sans s’épuiser avant la fin du chantier.
